France: la maire de Marseille, Michèle Rubirola, démissionne

La maire de Marseille Michèle Rubirola lors des cérémonies du 14 juillet 2020 de la cité phocéenne.
La maire de Marseille Michèle Rubirola lors des cérémonies du 14 juillet 2020 de la cité phocéenne. AP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Moins de six mois après son élection à la tête de Marseille, Michèle Rubirola démissionne. Elle souhaite laisser la place son numéro 2 Benoit Payan. Un choix dicté par des raisons de santé.

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Ce fauteuil de maire, Michèle Rubirola en voulait-elle vraiment ? Néophyte en politique, cette médecin de 64 ans avait délogé le vieux lion Jean-Claude Gaudin. Le Printemps marseillais, sa coalition de gauche, était parvenu à battre la droite, après 25 ans de règne sur la cité phocéenne.

Mais Michèle Rubirola n'est jamais vraiment rentrée dans le costume de maire. Des problèmes de santé l'été dernier l'ont finalement poussé à prendre du recul. « Il y a en médecine les spécialistes du temps long et les urgentistes. Je suis de la première catégorie. Et c'est de la seconde dont nous avons besoin à Marseille. Et c'est pour ces raisons que j'ai décidé de quitter mes fonctions de maire », a annoncé l'édile.

Face à une triple crise, sanitaire, économique et sociale, Michèle Rubirola reconnaît que la pression, la charge de travail était trop forte. C'est son premier adjoint le socialiste Benoit Payan qui - de fait - occupait bien souvent le devant de la scène. Michèle Rubirola veut lui céder officiellement les clés de la ville.

« Nous formons un binôme et je souhaite que notre binôme continue mais s'inverse et que Benoît devienne maire », a proposé Michèle Rubirola. Rien n'est encore fait. Le vote au prochain conseil municipal lundi sera décisif. Les candidats malheureux aux municipales de mars comptent bien rejouer le match.

« La rumeur circule déjà dans Marseille depuis un moment »

Dans les rues de Marseille, certains électeurs ne cachent pas leur déception. « Ce n'est pas une surprise mais par contre c’est une déception car il y avait beaucoup d’espoir qui reposait sur elle. Je pense qu’elle n’aurait pas dû se présenter. Quand on prétend à un titre comme celui de maire de Marseille, on l’assume jusqu’au bout. C’est une mascarade, elle nous a fait perdre du temps. On ne la voit pas beaucoup et elle n’avait pas l’air très à l’aise dans ce rôle-la », estime un marseillais. 

L’élue, souvent effacée, semblait fuir la lumière à l’inverse de son adjoint Benoït Payan. Une inversion des rôles qui n'a échappé à personne. « La rumeur circule déjà dans Marseille depuis un moment », avance même un habitant. « Je pense que c’était écrit à l’avance. De son propre aveu, le costume était un peu trop grand pour elle. Vous connaissez le jeu des alliances ? C’était elle qui était tête de liste mais tout le monde savait que c’est Benoit Payan qui dirige. C’est lui qui briguait le poste, c’est un élu qui a de l’expérience, cela fait 15 ans qu’il est dans l’opposition », rajoute-t-il.

Du côté des élus du printemps marseillais, on soutient ce choix. Notamment car le Premier adjoint a d'ores et déjà fait ses preuves en remplacement Michèle Rubirola. « On a pu, pendant la période d’absence de Michèle (Rubirola) lié à ses ennuis de santé, avoir un aperçu de ce que pouvait être la gestion exercée par Benoït. Il est tout à fait au cœur des dossiers puisque depuis le début ils travaillent ensemble, lui et Michèle Rubirola, main dans la main et on le trouve tous légitime pour ce rôle-la », confie la quatrième adjointe, Olivia Fortin.

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