Covid-19: coup d’envoi de la campagne de vaccination en France

Mauricette, 78 ans, a reçu la première dose du vaccin anti-Covid-19 de France, le 27 décembre à l'hôpital René-Muret de Sevran, dans la banlieue parisienne.
Mauricette, 78 ans, a reçu la première dose du vaccin anti-Covid-19 de France, le 27 décembre à l'hôpital René-Muret de Sevran, dans la banlieue parisienne. AFP - THOMAS SAMSON
Texte par : RFI Suivre
9 mn

La France a lancé sa campagne de vaccination pour lutter contre le coronavirus dimanche 27 décembre, et une femme de 78 ans a été la première personne vaccinée dans le pays, en Seine-Saint-Denis. Pour l'instant, seuls les personnes âgées résidant dans des établissements d'hébergement collectif et les professionnels qui y travaillent et qui présentent un risque de développer une forme grave de Covid-19 peuvent bénéficier de cette première phase vaccinale.

Publicité

Une femme de 78 ans a été dimanche matin la première personne vaccinée en France contre le Covid-19, à l'hôpital René-Muret de Sevran, en Seine-Saint-Denis (région parisienne), selon une journaliste de l'AFP sur place. « Je suis émue », a déclaré cette femme, Mauricette, une ancienne aide-ménagère, vaccinée vers 11h (10h TU) au sein de l'unité de soins de longue durée de cet établissement de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP).

« Ça chauffe ! », a-t-elle lancé après avoir reçu l'injection du vaccin développé par l'américain Pfizer et l'allemand BioNTech. Souriante, elle a été applaudie par le personnel hospitalier présent, a constaté la journaliste de l'AFP. Un médecin cardiologue de 65 ans, le Dr Jean-Jacques Monsuez, a ensuite été vacciné.

Une vingtaine de personnes âgées et de soignants doivent se voir administrer ce vaccin; baptisé Comirnaty, dimanche lors du lancement symbolique de la campagne vaccinale française, à Sevran puis au centre gériatrique de Champmaillot, dépendant du Centre Hospitalier Universitaire de Dijon (centre-est de la France).

En France, la vaccination se fait uniquement sur prescription médicale. Une prescription qui doit impérativement être précédée d'une consultation chez son médecin traitant.

C'est le médecin traitant qui a la charge de déceler les éventuelles contre-indications, de rappeler à son patient les bénéfices et les risques du vaccin, mais aussi de recueillir son consentement et de l'inscrire dans son dossier médical. Un consentement sur lequel le patient a la possibilité de revenir jusqu'au jour J.

Les injections peuvent se faire en chambre, et en cas d'insuffisance de personnel pour les administrer, les établissements peuvent demander du renfort aux agences régionales de santé.

Pour ce qui est du suivi, le ministère de la Santé a promis la mise en place d'une pharmacovigilance renforcée, portée par un réseau de 31 centres régionaux, pour faire remonter tout effet indésirable ou cas grave.

À lire: Covid-19: début des campagnes de vaccinations dans l’UE dès le 27 décembre

Les premières vaccinations à Sevran et Dijon

Ce dimanche, il sont en tout une petite vingtaine, dans deux établissements médicalisés pour personnes âgées de la banlieue parisienne et de Bourgogne-Franche-Comté, à se faire vacciner.

La vaccination se fait d’abord dans ces deux centres. On ne vaccine pas à grande échelle parce que les toutes premières doses du vaccin sont arrivées samedi sur le sol français, et que l'on a juste assez de doses pour effectuer ces premières injections.

Pourquoi Sevran et Dijon ? La Seine-Saint-Denis, où se trouve Sevran, est le département où la surmortalité liée au virus a été la plus forte en Île-de-France. Cette région a payé le plus lourd tribut à l’épidémie, avec près de 1 500 personnes qui y sont décédées depuis mars dernier.

La Bourgogne-Franche-Comté est, quant à elle, une des régions où le taux d'incidence est le plus élevé. Pour rappel : le taux d'incidence est la valeur qui permet de mesurer le nombre de personnes contaminées pour 100 000 habitants.

Dans ces deux villes ne seront vaccinées qu'une poignée de personnes âgées de plus de 65 ans : des résidents des établissements, mais aussi deux médecins. Ils font partie des personnes ciblées comme prioritaires par le gouvernement.

« C'est une bonne nouvelle. L'année 2021 va commencer avec un espoir. »

François Rebsamen, maire (PS) de Dijon, sur le début de la campagne de vaccination contre le Covid-19 en France

Le consentement des personnes âgées

La première phase de la vaccination concerne 750 000 résidents d'Ehpad, ainsi que 90 000 salariés de ces établissements.

Les premiers sondages réalisés par quelques directeurs d’Ehpad indiquent qu’à peine 25% à 30% de leurs pensionnaires seraient candidats à la vaccination. Un autre tiers est hésitant, le dernier farouchement opposé.

Dans l'Ehpad Saint-Vincent-de-Paul en Vendée, dans l'ouest de la France, la plupart des résidents sont favorables à la vaccination, même si quelques-uns restent méfiants.

Céline est infirmière référente dans cet établissement : « Il faut laisser le choix aux résidents, avec toutes les connaissances que l’on a actuellement sur ce vaccin, et vraiment leur laisser le temps de réfléchir, de prendre leur décision et de les accompagner dans cette démarche. »

Cette infirmière comprend leur envie de se faire vacciner : « Ce confinement et cette absence de lien social avec l’extérieur sont très pesants. D’une manière générale, ils estiment que ce vaccin leur permettrait de retrouver une vie sociale. Il y a de la vie dans la résidence, mais c’est vraiment les proches qui manquent. »

Le directeur de cet Ehpad en Vendée, Bruno Gaboriau, rappelle que les résidents auront le libre choix de se faire vacciner ou non :

« Concernant les personnes qui ont des troubles cognitifs, une partie d’entre eux ont des mesures de protection, et lorsque l’on s’adresse à leur tuteur, ce dernier a tendance à dire qu’il faut demander à la personne concernée ce qu’elle souhaite... même si elle a des troubles cognitifs. »

Pour ce directeur d’Ehpad, écouter la parole de la personne est donc primordial, et il admet que certains enfants de résidents ont déjà manifesté leur refus que leurs parents se fassent vacciner :

« On a aussi des conseils en termes d’éthique, sur lesquels on va s’appuyer pour respecter le libre choix de chacun », conclut Bruno Gaboriau.

Une seconde phase vaccinale, avec un déstockage plus massif des doses, est prévue pour la semaine du 11 janvier 2021. Le vaccin mis au point par le laboratoire Pfizer-BioNTech sera gratuit, mais ne sera pas obligatoire

Pour ou contre le vaccin ? L’avis des pensionnaires de l'Ehpad Saint-Vincent-de-Paul en Vendée

À lire: Covid-19: les premières doses du vaccin sont arrivées en France

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail