L'apprenti guinéen du boulanger de Besançon en grève de la faim a été régularisé

Le boulanger Stéphane Ravacley était en grève de la faim depuis le 3 janvier 2021 pour réclamer la régularisation de son apprenti, Laye Fodé Traoré, un jeune Guinéen de 18 ans.
Le boulanger Stéphane Ravacley était en grève de la faim depuis le 3 janvier 2021 pour réclamer la régularisation de son apprenti, Laye Fodé Traoré, un jeune Guinéen de 18 ans. AFP - SEBASTIEN BOZON
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Le boulanger de Besançon (est de la France), qui était en grève de la faim depuis une semaine pour protester contre l'expulsion de son apprenti guinéen, va pouvoir continuer de l'employer : le jeune homme a été régularisé et va pouvoir rester en France.

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« Laye est régularisé ! Et il reprend le travail mardi ! » Stéphane Ravacley a de quoi se réjouir. Le boulanger de Besançon était en grève de la faim depuis plusieurs jours pour réclamer la régularisation de son apprenti, Laye Fodé Traoré, un Guinéen de 18 ans visé par une obligation de quitter le territoire français. Stéphane Ravacley a annoncé la nouvelle à la sortie de la préfecture de Haute-Saône, où tous deux ont été reçus jeudi 14 janvier.

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À l'annonce de sa régularisation, le jeune homme a « pratiquement pleuré », a confié son maître d'apprentissage. « Il a remercié son patron, ses éducatrices et l'État français », a ajouté Stéphane Ravacley. « C'est une grande joie, une victoire. Maintenant, on va aussi se battre pour les autres » qui sont dans le même cas ailleurs en France, a-t-il ajouté.

Une pétition a recueilli plus de 220 000 signatures

Pris en charge en France en tant que mineur isolé, Laye Fodé Traoré n'avait pas obtenu de titre de séjour à sa majorité. La préfecture considérait jusqu'à présent que les documents d'identité du jeune homme n'étaient pas authentiques. Mais leur validation récente par l'ambassade de Guinée, qui « lui a délivré un acte de naissance », et une forte mobilisation citoyenne en faveur de Laye Fodé Traoré ont conduit la préfecture à revoir sa position, selon Stéphane Ravacley.

Une pétition en faveur du jeune boulanger, lancée par son patron, avait recueilli mardi plus de 220 000 signatures. Le boulanger, en grève de la faim depuis dix jours, avait été pris en charge aux urgences mardi après un malaise. Il a annoncé qu'il allait recommencer à s'alimenter normalement.

Des personnalités du monde politique, syndical, artistique ou littéraire dont Omar Sy, Nicolas Hulot et Marion Cotillard avaient appelé, lundi 11 janvier, le président français Emmanuel Macron à « aider le boulanger de Besançon en grève de la faim », dans une tribune publiée dans le Nouvel Observateur.

Un immense soulagement et un contentement presque insondable tellement on ne s’y attendait pas si tôt. (…) Ce combat gagné va me porter vers un autre combat : celui de protéger ces mineurs isolés devenus majeurs.

Stéphane Ravacley

(Avec AFP)

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