Affaire Karachi: devant la cour Balladur dénonce un dossier basé sur des «rumeurs»

L'ancien Premier ministre Édouard Balladur arrive pour son procès pour corruption à la Cour de justice de la République à Paris, le mardi 19 janvier 2021.
L'ancien Premier ministre Édouard Balladur arrive pour son procès pour corruption à la Cour de justice de la République à Paris, le mardi 19 janvier 2021. Alain JOCARD AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Au 2e jour de son procès pour des soupçons de financement occulte de sa campagne présidentielle de 1995, Édouard Balladur s’est exprimé ce mercredi devant la Cour de justice de la République (CJR). Une déclaration liminaire qu’a tenu à faire l’ancien Premier ministre de 91 ans, qui sera interrogé sur le fond ultérieurement. 

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Avec notre envoyée spéciale au palais de justice de Paris,  Laura Martel

« Il ne s’agit pas d’une plaidoirie anticipée », affirme d’emblée Édouard Balladur. Pourtant, la déclaration que l’ex-Premier ministre lit devant la cour d’une voix plutôt monocorde, pendant une vingtaine de minutes, y ressemble fort.

« Je suis dans une situation inattendue, paradoxale. J’ai voulu assainir notre vie politique et on me reproche de l’avoir corrompue », souligne Édouard balladur, qui rappelle avoir fait voter en 1995 une loi pour encadrer le financement des campagnes électorales et surtout, que ses comptes de campagne avaient été validés par le Conseil constitutionnel.

Les fonds venaient de « collectes », de « dons », absolument pas de rétrocommissions. Une explication « caricaturée et moquée » mais qui n’a « jamais été contredite par des éléments matériels » soutient-il. Et de marteler que « cette affaire est hors du commun » par « sa durée », par « sa violence », par la « fragilité » du dossier, basé, dit-il, sur « des rumeurs ». « Hors du commun » aussi par le « sectarisme » d’une procédure menée à charge et par l’ancrage dans l’opinion de la thèse de sa culpabilité comme une « vérité historique ».

« Le mal est-il irréparable ? » interroge Édouard Balladur. « Je veux croire que non. » « Aucune illégalité ne peut m’être reprochée. » La cour, pointe-t-il, a devant elle « une tâche difficile, celle de résister aux entrainements de l’opinion publique ». « J’espère qu’au bout de 30 ans, on me rendra justice », conclut l’ancien Premier ministre, qui lance avant de se rasseoir : « Oui, j’ai confiance dans la vérité. »

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