Reportage

France: soumis à un stress et des angoisses grandissantes, les étudiants se mobilisent

Les étudiants font face à une paupérisation et un isolement grandissants, en France, à cause de la pandémie de Covid-19. Ici, une distribution de repas, à Marseille.
Les étudiants font face à une paupérisation et un isolement grandissants, en France, à cause de la pandémie de Covid-19. Ici, une distribution de repas, à Marseille. AFP - NICOLAS TUCAT
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Plusieurs organisations de jeunesse appellent mercredi 20 janvier à une journée de mobilisation pour défendre les conditions de vie et d’études des étudiants alors qu’aucune date de reprise des cours pour tous n’est encore avancée.

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La semaine dernière, le Premier ministre Jean Castex a annoncé que les étudiants de première année à l’université pourraient reprendre par demi-groupe les travaux dirigés en présentiel à partir du 25 janvier. Des annonces insuffisantes aux yeux des syndicats. À la pause déjeuner, des étudiants à la Sorbonne disent leur désarroi.

Assise sur les marches, Anne-Marie, étudiante en première année de philosophie à la Sorbonne, pique une fourchette dans une barquette de pâtes froides. Pour elle, la détresse s'exprime dans l'impression de vivre « une petite vie étriquée ».

« Une journée se résume par quoi ? On se lève le matin, on essaie de trouver une place à la bibliothèque. Parfois, on n’en trouve pas, donc on ne travaille pas. On reste chez nous à déprimer dans notre chambre. Ou sinon, on trouve une place en bibliothèque mais en fait, il n’y a pas de vrai lien social parce que nos autres amis ne sont pas à la bibliothèque. On a besoin d’une certaine ambiance en fait. Déjà le fait de se lever le matin, d’avoir un certain rythme, de rencontrer des gens, de pouvoir parler avec nos profs directement. Toute cette ambiance-là est essentielle en fait ! »

Manque de repères

Bonnet enfoncé jusqu'aux sourcils, Fabien déplore le manque de repères : « C’est stressant de voir qu’il faut constamment trouver de nouvelles habitudes. C’est très déstabilisant et très stressant sur le plan psychologique. Mais voilà, on a le choix entre la solitude et le stress pour pouvoir trouver des nouvelles manières de se voir ».

►À écouter aussi : Retour partiel dans les universités: ce qu'en disent les étudiants

Et puis, il y a aussi la peur de décrocher : « On a vite fait d’avoir deux, trois séances de retard sur le déroulement des cours. On a vite fait de ne pas pouvoir se rendre en bibliothèque pour rendre les devoirs à la maison. Je peux décrocher très vite en fait ».

À cela s'ajoutent la précarité et le sentiment d'être les grands oubliés. Ces étudiants comme d'autres veulent se faire entendre, ils participeront à la mobilisation de ce jeudi.

 

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