Covid-19: Emmanuel Macron répond à la détresse des étudiants français

Au cours d'un échange avec des étudiants à l'université Paris-Saclay (Essonne), le chef de l'État a souhaité jeudi qu’ils puissent, s'ils le souhaitent, retourner suivre des cours en présentiel à l'université un jour par semaine.
Au cours d'un échange avec des étudiants à l'université Paris-Saclay (Essonne), le chef de l'État a souhaité jeudi qu’ils puissent, s'ils le souhaitent, retourner suivre des cours en présentiel à l'université un jour par semaine. AFP - YOAN VALAT
Texte par : RFI Suivre
7 mn

En visite ce jeudi à l'université de Paris-Saclay, le président Emmanuel Macron a souhaité que les étudiants puissent retourner à la fac une fois par semaine, avoir accès deux fois par jour à un repas pour un euro dans les restos U et faciliter leur prise en charge.

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Pour les étudiants français, la crise sanitaire a des effets dévastateurs. Privés depuis plus de deux mois de cours en « présentiel », contrairement aux élèves des lycées, des classes prépa ou des BTS, nombre d'entre eux éprouvent un sentiment d'injustice. Plusieurs associations ont ainsi appelé mercredi 20 janvier à une journée de mobilisation pour défendre leurs conditions de vie et d’études.

« Un étudiant doit avoir les mêmes droits qu'un salarié, a déclaré le président Emmanuel Macron au cours d'un échange avec des étudiants à l'université Paris-Saclay (Essonne). S'il en a besoin, il doit pouvoir revenir à l'université un jour par semaine » dans des amphis avec une jauge maximum de 20%.

Des protocoles strictes pour les cours en présentiel 

« Il y a eu des ouvertures depuis début janvier : traiter les plus fragiles par groupes de 10, le demi TD, mais ce n'est pas fait partout (...) Ce que je veux maintenant, c'est que la règle soit très simple, elle va être préparée avec les universités », a annoncé le chef de l'Etat.

« On ne peut pas, compte tenu de ce que votre génération a déjà vécu, ne pas prendre en compte le fait que vous avez le droit aussi d'avoir un peu besoin de présentiel, d'échanger avec des professeurs, de croiser d'autres élèves. Mais on doit le faire en tenant compte de cette situation sanitaire », a-t-il ajouté.

Les propositions faites par le président vont un peu dans le bon sens mais elles sont clairement insuffisantes…

Barthélémy Piron, étudiant en master d'histoire à Nanterre

La semaine dernière déjà, le Premier ministre Jean Castex avait annoncé que les étudiants de première année à l'université pourraient reprendre par demi-groupes les travaux dirigés en présentiel à partir du 25 janvier. Cette mesure s'étendra ensuite, « si la situation sanitaire le permet, aux étudiants des autres niveaux », a-t-il ajouté, sans donner de date.

Mais le retour à la normale n'est pas pour tout de suite. Selon Emmanuel Macron, il n'aura pas lieu « avant le premier semestre de l'année prochaine ». « Les prochaines semaines, je vais être honnête avec vous, vont être assez dures », a-t-il averti.

La mise en place de repas à un euro et de « chèque psy »

Emmanuel Macron a par ailleurs annoncé que l'ensemble des étudiants pourront avoir accès à deux repas par jour pour le prix d'un euro le repas dans les restos U, afin de leur permettre de faire face aux conséquences de la crise du Covid-19. Jusqu'ici, le repas à un euro n'était proposé qu'aux élèves boursiers, une fois par jour.

Emmanuel Macron a également annoncé jeudi la création d'un « chèque psy » afin de permettre aux étudiants en situation de mal-être à cause de la crise du Covid-19 de pouvoir consulter un psychologue et suivre des soins.

Il s'agit de « permettre à tous les jeunes qui en ont besoin d'accéder beaucoup plus facilement et avec une prise en charge, à un professionnel – psychologue, psychiatre – quand ils en ont besoin », a expliqué le chef de l'État. L'Élysée a précisé à l'AFP que ce chèque concernera à partir du 1er février « tous les étudiants qui le souhaitent ».

Plusieurs études récentes ont mesuré une montée du mal-être étudiant. Ces dernières semaines, plusieurs suicides ou tentatives ont été recensés.

Malgré les mesures annoncées par le chef de l’État, l'Unef, le principal syndicat étudiant, a chiffré son « plan d'urgence » pour les étudiants à 1,5 milliard d'euros et réclame notamment une hausse immédiate des bourses et des aides au logement.

On assiste à un décrochage de bon nombre d'étudiants (...) Un jour de présentiel par semaine, c'est une goutte d'eau dans l'océan.

L'Unef regrette des mesures insuffisantes

(Avec AFP)

 

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