Emmanuel Macron veut durcir la loi contre l'inceste

«Vous ne serez plus jamais seuls», promet Emmanuel Macron aux victimes d'inceste.
«Vous ne serez plus jamais seuls», promet Emmanuel Macron aux victimes d'inceste. © AP Photo/Francois Mori
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Pour la première fois depuis l'affaire d'inceste qui vise le célèbre constitutionnaliste Olivier Duhamel et le déferlement de témoignages qui a suivi sur les réseaux sociaux, le président français Emmanuel Macron a pris la parole sur le sujet. 

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« Vous qui vous êtes libérés d'un fardeau que vous avez trop longtemps porté... » Col roulé sombre, visage grave, presqu'un mois après qu'a éclaté l'affaire Duhamel, Emmanuel Macron a choisi de s'adresser aux victimes d'inceste directement sur Twitter. « On est là, on vous écoute, on vous croit et vous ne serez plus jamais seuls », leur promet-il.

La parution au début du mois du livre La Familia grande de Camille Kouchner a créé une onde de choc en France, où une personne sur dix se dit aujourd'hui victime d'inceste. Dans ce récit, la fille du cofondateur de Médecins sans frontières Bernard Kouchner, accuse son beau-père, le politologue réputé Olivier Duhamel, d'avoir abusé de son frère jumeau. Depuis, des milliers de témoignages sous le mot-dièse #Metooinceste ont été postés sur les réseaux sociaux.

Plusieurs mesures

Deux ans et demi après la loi Schiappa qui allonge le délai de prescription des crimes sexuels sur les mineurs à 30 ans, le chef de l’Etat veut aller plus loin. Il faut « tout faire pour arrêter les violences sur nos enfants », déclare Emmanuel Macron qui appelle à ce que les témoignages des victimes puissent être recueillies « même des décennies après ». « Il nous faut punir les criminels pour les actes passés et pour empêcher toute récidive. La honte aujourd'hui change de camp. »

Le président de la République annonce d’ores et déjà plusieurs mesures : la création de rendez-vous de dépistage et de prévention au primaire et au collège, le remboursement des soins psychologiques pour les enfants victimes. Le ministre de la Justice Éric Dupont-Moretti commencera dès lundi ses consultations pour modifier la loi sur deux points clés : l’âge de consentement et le délai de prescription.

À écouter aussi : Crimes sexuels sur mineurs: «La parole des victimes n'est pas assez entendue, recueillie et travaillée»

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