Coronavirus: en France, malgré les menaces du gouvernement, la fronde des restaurateurs

Le 12 novembre 2020, cette brasserie des Champs-Elysées à Paris est fermée en vertu du second confinement imposé par le gouvernement à la mi-octobre pour infléchir la deuxième vague d'infections au corovonaris..
Le 12 novembre 2020, cette brasserie des Champs-Elysées à Paris est fermée en vertu du second confinement imposé par le gouvernement à la mi-octobre pour infléchir la deuxième vague d'infections au corovonaris.. AFP - STEPHANE DE SAKUTIN
Texte par : RFI Suivre
6 mn

La grogne monte dans certains secteurs d'activité en France, durement éprouvés par ce confinement qui dure. Le gouvernement a annoncé ce lundi matin un renforcement des contrôles et des sanctions. Objectif : décourager ceux qui seraient tenté par la désobéissance, comme les restaurateurs dont les établissements ne peuvent recevoir de clients depuis le mois d'octobre, après un printemps déjà perturbé par le premier confinement.

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Un vent de révolte souffle chez les restaurateurs français. Ce lundi midi, plusieurs restaurants sont ouverts pour réclamer le droit de reprendre leur activité. C'est le cas de Gérard Viau, patron de l'Arcade à St Michel de Chabrillanoux, en Ardèche, que Marine de La Moissonnière a joint. Ce midi, il est ouvert car il n'en peut plus. « Il faut qu'on arrête de nous prendre pour des imbéciles, voilà », dénonce le restaurateur.

Aujourd'hui j'ai décidé de faire une journée d'action ! ça fait bientôt un an que ça dure, on ne travaille plus, on n'a plus rien... mais c'est surtout difficile psychologiquement

écoutez la colère de ce restaurateur de Saint-Michel de Chabrillanoux, en Ardèche

Déjà à Nice, sur la Côte d'Azur, qui a servi exceptionnellement une centaine de personnes le 27 janvier, avec l'espoir de donner un « élan à tout le monde ». Lundi, c'est un restaurateur du Doubs, dans l'est du pays, qui appelait à ouvrir. A Paris, un total de 24 restaurants clandestins ont été découverts jeudi et vendredi et vont faire l'objet d'une fermeture administrative de 15 jours, d'après la préfecture de police de la capitale.

Pas question pour le gouvernement de donner l'impression qu'une minorité de rebelles pourraient bénéficier des mêmes avantages que la majorité des restaurateurs qui acceptent les règles. L'enjeu de cet affichage de la fermeté gouvernementale est important au moment où de plus en plus d'intitiatives de désobéissance sont rendues publiques. 

A Nice, ce 27 janvier 2021, ce restaurant Le Poppies était ouvert en dépit des consignes de fermeture. Son propriétaire revendiquait son acte de désobéissance comme une protestation contre le fermeture des bars et restaurants imposées par le gouvernement (cf bannière).
A Nice, ce 27 janvier 2021, ce restaurant Le Poppies était ouvert en dépit des consignes de fermeture. Son propriétaire revendiquait son acte de désobéissance comme une protestation contre le fermeture des bars et restaurants imposées par le gouvernement (cf bannière). REUTERS - ERIC GAILLARD

Des sanctions financières annoncées

Des commerçants qui risquent gros puisqu'ils seront privés de fonds de solidarité pendant un mois, a annoncé Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie ce lundi. 

Le fonds de solidarité, dont les contrevenants seraient privés définitivement en cas de récidive, est une aide publique pour les entreprises faisant l'objet d'une fermeture administrative. Il s'élève à 10.000 euros par mois ou une indemnisation de 20% du chiffre d'affaires 2019, dans la limite de 200.000 euros par mois.

Les mesures prises par le gouvernement pour lutter contre l'épidémie de Covid-19 imposent la fermeture de ces établissements depuis le 30 octobre. S'ils sont toujours autorisés à livrer ou à vendre à emporter, le Premier ministre Jean Castex ne prévoit pas de réouverture pour ces établissements avant la mi-février au plus tôt.

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Oui, c'est « extrêmement dur pour les restaurateurs, moralement et économiquement », a reconnu le ministre de l'Economie mais les règles sanitaires prévalent et pour les faire respecter, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a par ailleurs annoncé une augmentation de 30 % des contrôles. Pour l'exécutif,  la confiance et la menace de sanction vont donc de pair.

(et avec AFP)

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