Paris abandonne le projet de 4e terminal à l’aéroport de Roissy, jugé «obsolète»

Un passager marche à travers l'aéroport de Paris, Roissy-Charles de Gaulle, le 5 février 2021.
Un passager marche à travers l'aéroport de Paris, Roissy-Charles de Gaulle, le 5 février 2021. REUTERS - Gonzalo Fuentes

Le projet colossal du nouveau terminal de l’aéroport parisien de Roissy-Charles de Gaulle a été abandonné, a annoncé jeudi 11 février la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, au journal Le Monde. Mais beaucoup se demandent si l’abandon du projet, qui devait permettre d’accueillir jusqu’à 40 millions de passagers en plus par an à partir de 2037, est un acte écologique ou économique.

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Avec 450 vols de plus par jour, le nouveau terminal T4 de l’aéroport de Roissy aurait ressemblé à un aéroport dans l’aéroport. Mais sa construction, pour un coût de 7 à 9 milliards d’euros, est aujourd’hui hors sujet.

En effet, Barbara Pompili, ministre de l’Écologie, a déclaré au journal Le Monde qu’à l’heure de la lutte contre le réchauffement climatique, ce projet est « obsolète ». « C'est un projet obsolète, qui ne correspondait plus à la politique environnementale du gouvernement et aux exigences d'un secteur en pleine mutation, tourné vers l'avion vert de demain », a estimé Mme Pompili.

Selon Le Monde, « le gouvernement demande désormais à Groupe ADP de proposer un tout autre projet, qui ne sera pas centré sur l'accroissement des capacités de Roissy », deuxième aéroport d'Europe derrière Londres-Heathrow avant la crise.

Mais le projet avait déjà du plomb dans l’aile en juillet 2020, quand l’Autorité environnementale a estimé que l’équation entre l’augmentation du nombre de vols, la circulation routière et le respect des objectifs de réduction de gaz à effet de serre était loin d’être résolue. La chute drastique du nombre de vols en raison de la crise sanitaire, a probablement planté le dernier clou dans le cercueil.

Cette annonce donne donc raison à la vingtaine d’associations et collectifs d’élus, qui avaient déposé des recours contre l’extension de l’aéroport, en raison de l’impact environnemental et des nuisances.

Greenpeace juge l’annonce ambiguë

La société Aéroport de Paris (ADP) doit entériner la décision d’abandon la semaine prochaine. « Le Groupe ADP prend acte de cette demande », a répondu le gestionnaire, et « engage un temps de réflexion sur les enjeux d'avenir de l'aéroport », selon son PDG Augustin de Romanet.

L'association de défense de l'environnement Greenpeace a jugé ambiguë l'annonce de jeudi et souligné sur Twitter que « quel que soit le projet, il n'est pas acceptable d'augmenter encore le trafic aérien ».

Les élus du Groupe alternative écologiste et sociale de la Région, tout en disant rester « vigilant(s) », ont estimé que l'abandon du projet actuel constituait « une victoire écologiste pour l'Ile-de-France. Il aura fallu une pandémie pour faire tomber un projet qui n'a pourtant jamais été soutenable, ni compatible avec les engagements de la France sur le climat ».

Quant au Medef, son patron Geoffroy Roux de Bézieux a estimé « un peu prématuré » d'avoir décidé de tirer un trait sur un terminal supplémentaire. « J'aurais compris la suspension. Parce que, objectivement, le trafic aérien, on le voit tous (...) ce n'est plus les croissances qu'on imaginait il y a encore deux ans ou quelques années », a-t-il déclaré sur France Inter.

► À lire aussi : Transport aérien: une chute du trafic passager sans précédent en 2020

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