France: Macron marque un point face à Le Pen après le débat avec Darmanin

La présidente du Rassemblement national (RN) et candidate à la présidentielle de 2022, Marine Le Pen, lors de son débat avec le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, le 11 février 2021 sur France 2.
La présidente du Rassemblement national (RN) et candidate à la présidentielle de 2022, Marine Le Pen, lors de son débat avec le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, le 11 février 2021 sur France 2. AFP - STEPHANE DE SAKUTIN
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Marine Le Pen et Gérald Darmanin ont débattu, jeudi 11 février au soir sur France 2, à fleurets mouchetés de l'islamisme et de l'immigration, tombant d'accord par endroits, le ministre de l'Intérieur accusant son adversaire d'« approximations » et la présidente du Rassemblement national (RN) fustigeant un texte insuffisant contre l'islamisme. Ce débat était très attendu à 15 mois de la présidentielle, entre une candidate à l'Élysée désireuse de faire oublier son duel raté face à Emmanuel Macron en 2017, et un poids lourd de la majorité en première ligne sur les textes régaliens de la macronie.

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Pas d'esclandre, pas d'insulte. Sur l'islamisme et la laïcité, Marine Le Pen souligne même ses points communs avec le ministre de l'Intérieur : « Moi, ce que je ne comprends pas, Monsieur Darmanin, et j'en reviens à votre livre que j'ai lu avec beaucoup d'attention, et objectivement, j'aurais pu le signer... »

Une tempérance sur laquelle ne manque pas de rebondir le ministre d'Emmanuel Macron : « Madame Le Pen, dans sa stratégie de dédiabolisation, en vient à être quasiment dans la mollesse. Il faut vous reprendre des vitamines, vous n'êtes pas assez dure, je trouve, là. »

Un changement de ton de Marine Le Pen qui tranche avec le débat raté de l'entre-deux-tours, mais qui ne suffit pas à le faire oublier, analyse Anne Soetmondt du service politique de RFI. Comme il y a quatre ans face à Emmanuel Macron, Marine Le Pen hésite, regarde ses notes, s'embrouille avec les chiffres : « Pourquoi continuez-vous à accorder, je crois, 471 000 titres de séjour ? » « Faux, lui répond Gérald Darmanin, c'est 277 000 titres de séjour ! »

Capacité à diriger le pays

La dirigeante du RN a ainsi laissé un boulevard au ministre pour remettre sur la table la question de la capacité de la candidate à la présidentielle à diriger le pays. 

« Chacun constatera que vous avez dit absolument n'importe quoi sur absolument tous les chiffres ce soir, a asséné le locataire de la place Beauvau. Il faut travailler pour le prochain débat présidentiel... »

À quatorze mois de la présidentielle, c'est Gérald Darmanin et derrière lui, Emmanuel Macron, qui marquent un point face à Marine Le Pen.

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