Mesures territorialisées face au Covid-19: le risque du cas par cas

La Promenade des Anglais à Nice, le 21 février 2021.
La Promenade des Anglais à Nice, le 21 février 2021. REUTERS - ERIC GAILLARD
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Les autorités ont annoncé de nouvelles mesures pour les deux prochaines semaines dans les Alpes-Maritimes, ce département du sud-est de la France confronté à une flambée de Covid-19 : un confinement le week-end le long du littoral. C'est la première fois que le gouvernement décide un confinement territorial dans l'Hexagone. L'exécutif a voulu répondre aux demandes des élus locaux au risque de donner des idées ailleurs en France. Car à Dunkerque aussi, on scrute avec attention la situation niçoise.

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La satisfaction d'avoir été enfin entendus par le gouvernement. Voilà le sentiment dominant parmi les élus des Alpes-Maritimes. Depuis des jours, tous les voyants sanitaires étaient en effet dans le rouge : taux d'incidence et de positivité, pression hospitalière. Il y avait donc urgence à agir, tout en prenant en compte les spécificités locales.

Marine Brenier est députée Les Républicains du département : « Les situations ne sont pas les mêmes dans toutes les zones de France. Dans l’ouest de la France, il semblerait que la situation sanitaire soit très largement maîtrisée pour le moment. Donc territorialiser, c’est fondamental », estime-t-elle.

Pourquoi pas la Moselle ?

Face à la frustration des élus locaux, le gouvernement a donc voulu donner des gages de responsabilisation. Il est d'ailleurs resté volontairement en retrait lors des annonces concernant les Alpes-Maritimes.

Après les Alpes-Maritimes, pourquoi pas la Moselle ? Les élus locaux de ce département aimeraient bien, eux aussi, que l'État les entende et renforce les mesures contre le Covid-19. Sans succès pour le moment. Les « situations sont bien différentes », explique un conseiller du gouvernement.

Même si le maire de Metz, François Grosdidier se félicite de la décision gouvernementale, il réclame encore davantage de marge de manœuvre pour les autorités locales : « Enfin, il y a une ouverture dans les Alpes-Maritimes, il était tant qu’on y vienne. On avait eu quelques semaines en octobre où on avait entendu la prévalence du couple maire-préfet. Et cela avait été abandonné pour revenir à cette forme de centralisme bureaucratique. »

L'État obligé de jouer les équilibristes

L'exécutif se retrouve dans une position d'équilibriste. D'un côté, Emmanuel Macron cherche à tenir enfin sa promesse : placer le couple maire-préfet au centre des décisions. De l'autre, le chef de l'État veut éviter que chaque territoire multiplie les demandes dans une surenchère intenable.

La stratégie du cas par cas, le gouvernement s'y refusait jusqu'à présent pour éviter de créer des inégalités entre les départements. Aujourd'hui, la boîte de Pandore est ouverte : comment justifier de refuser aux uns ce que l'on accepte pour les autres ? Comment empêcher certains territoires moins touchés par le Covid de vouloir lever certaines restrictions ?

« La territorialisation, c'est pour resserrer les contraintes », pas l'inverse, tranche un membre de la majorité, qui rappelle que « le gouvernement n'a pas donné les clés aux élus locaux, c'est du covoiturage ».

Situation inquiétante à Dunkerque ! 

Dans cette agglomération du nord du pays, le taux d'incidence atteint 901 pour 100 000 habitants, contre 700 à Nice, et 200 en moyenne nationale ! Ce mardi, le Premier ministre, Jean Castex, semble avoir pris la mesure de la situation et de la forte dégradation des indicateurs sanitaires avec un nombre de cas dus au variant anglais de plus en plus important. 

Une concertation entre élus locaux et autorités publiques aura lieu dans les heures qui viennent afin de déterminer la meilleure stratégie pour freiner cette flambée épidémique. En attendant le détail de ces mesures, le maire de Dunkerque, Patrice Vergriete, regrette que le gouvernement n'ait pas réagi plus tôt à ses sollicitations, il y a dix jours, alors que déjà, les indicateurs viraient au rouge dans sa commune..  

On a du retard à l'allumage...

Christian Hutin, député socialiste de Dunkerque

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