France: le groupe hôtelier Accor enregistre des pertes records

Le siège du groupe Accor à Paris le 8 janvier 2021.
Le siège du groupe Accor à Paris le 8 janvier 2021. AP - Thibault Camus

Le géant français Accor est dans le rouge. Le sixième groupe hôtelier mondial a subi des pertes importantes l’an dernier et une chute sans précèdent de son chiffre d’affaire. La pandémie de Covid-19 a frappé de plein fouet le groupe français.

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Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Accor, qui possède partout dans le monde des enseignes connues comme Ibis, Sofitel ou encore Novotel, a perdu près de 2 milliards d’euro en 2020 et son activité a plongé de 60%. La raison de cette situation est déjà connue : la chute du nombre de touristes due aux restrictions de voyage et des mesures sanitaires. Dans ce contexte, le premier groupe hôtelier européen a confirmé la mise en place rapide de son plan d’économie annoncé en aout dernier qui prévoit la suppression d’un millier d’emplois dans le monde dont 300 à 400 en France.  

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Les difficultés d’Accord montrent à quel point le secteur du tourisme est ravagé par la crise sanitaire.L’année 2020 aura été la pire année du secteur : restrictions des déplacements, fermeture des bars et des restaurants, stations de ski à l’arrêt, le secteur du tourisme en France est durement éprouvé depuis mars dernier. Les recettes touristiques ont chuté de 41 %, l’an dernier.

Cela représente un manque à gagner de 61 milliards d’euros pour l’industrie du tourisme. Au niveau mondial, on observe le même phénomène, les pertes sont estimées à plus de 1 000 milliards d’euros, c’est colossal. Les conséquences sur l’emploi sont catastrophiques. Selon l’OMT, l'organisation mondiale du tourisme, près de 120 millions de personnes sont menacées de perdre leur emploi.

Faibles perspectives dans le tourisme

Ce qui inquiète les acteurs du tourisme, ce sont les faibles perspectives. Le secteur du voyage en France tire la sonnette d’alarme sur le manque de visibilité liées aux différentes mesures de restrictions, d’un pays à l’autre. Le président des entreprises du voyage, Jean-Pierre Mas, estime que la saison touristique du printemps est très compromise voir fichue et l’été mal engagé, que ce soit aussi bien pour l’accueil des touristes étrangers en France, que pour le départ des Français à l’étranger. Il s’inquiète également du manque de visibilité des aides octroyées par l’état.

Dans ces conditions, il semble difficile de prévoir à quel moment le secteur repartira. Le secteur du tourisme est soumis à deux contraintes : la première concerne les restrictions de déplacement aussi bien en France qu’à l’étranger, la seconde concerne le risque d’une baisse du pouvoir d’achat des touristes, en raison des conséquences économiques liées à la crise sanitaire.

Cependant, les experts du secteur espèrent une reprise progressive au cours de cette année. Quant à un retour à la normale, ils ne l’envisagent pas avant 2023 ou 2024. Tous s’accordent à dire que la résolution de la situation repose sur le succès des campagnes massives de vaccination.

 

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