Les tests salivaires, nouvelle arme contre le Covid-19

Test salivaire effectué dans une école près de Bordeaux, le 25 février 2021.
Test salivaire effectué dans une école près de Bordeaux, le 25 février 2021. AFP - PHILIPPE LOPEZ

Alors que l'épidémie de Covid-19 ne faiblit pas, notamment en France, le déploiement massif des tests salivaires pourrait permettre d'améliorer considérablement la politique de dépistage du virus. 

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Jusqu'à maintenant, le test le plus répandu était le nasopharyngé par PCR. Celui qui implique que le soignant va chercher des traces de virus profondément dans le nez à l'aide d'un écouvillon. Pas très agréable, notamment pour la personne qui se fait tester, mais cela reste la méthode de référence avec un taux de fiabilité à 98%. Elle pourrait pourtant se faire voler la vedette par les tests salivaires, une autre méthode, plus simple, moins douloureuse et moins coûteuse qui s'est déjà démocratisée en Inde ou aux États-Unis, où les étudiants sont régulièrement testés. 

Pour réaliser le prélèvement, la technique est assez simple, explique Julien Tizot, directeur général de BioSpeedia, une société spécialisée dans le diagnostic des maladies infectieuses : « Il suffit de cracher dans un réceptacle qui sera ensuite confié à un laboratoire qui va analyser l'échantillon, comme lors d'un test nasopharyngé. C'est beaucoup plus agréable pour tout le monde et cela diminue le risque pour les personnes testées de pouvoir propager le virus ».  BioSpeedia propose un test salivaire qui comprend une deuxième étape, avec un écouvillon, un « enrichissement nasal », effectué en bord de narine, qui permet d'améliorer la fiabilité de son produit. 

Efficaces à 85% 

Selon plusieurs études, les tests salivaires sont efficaces à 85%. En France, la Haute Autorité de Santé a donc autorisé leur déploiement sur le territoire le 11 février 2021 après les résultats positifs livrés par trois essais cliniques. Selon Constance Delaugerre, virologue à l'hôpital Saint-Louis à Paris, qui a travaillé sur Salicov, l'un des essais en question, les prélèvements salivaires seront très utiles pour le dépistage de masse : « C'est un nouveau dispositif de santé publique. La salive est très facile à prélever et la méthode peut faire ses preuves dans les collectivités où le virus peut circuler facilement. Tester massivement dans les écoles peut permettre de prendre des décisions rapides sur leurs fermetures. C'est vraiment un thermomètre épidémiologique ».

Le gouvernement français a commencé le déploiement de ces tests dans les établissements scolaires. Il espère en réaliser prochainement 200 000 par semaine. Cette nouvelle modalité pourrait aussi être mise en place dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) ou pour les soignants, particulièrement exposés au Covid-19 et qui sont donc obligés de se tester régulièrement.

L'éventualité de l'auto-prélèvement 

Les résultats ne seront pas forcément plus rapides à obtenir. Tout comme le test nasopharyngé, le test salivaire est dit RT-PCR qui doit forcément atterrir dans un laboratoire pour être analysé. Il faudra donc patienter 24 à 48 heures pour être fixé. Mais la simplicité de la méthode devrait davantage séduire les récalcitrants de l'écouvillon et permettre d'identifier davantage de patients peu symptomatiques ou asymptomatiques, notamment chez les jeunes. Constance Delagerre estime que cela changera considérablement la donne dans la gestion des cas positifs : « L'intérêt, c'est le rendu rapide. On sait qu'à partir du moment où on le patient se sait positif, il prend beaucoup plus de précautions avec les gens avec lesquels il vit, il travaille... Et cela permet de s'isoler naturellement. Cette information peut être décisive dans une stratégie de santé publique ». 

Pour l'instant, le dépistage doit être effectué par les soignants mais le gouvernement pourrait aussi permettre l'auto-prélèvement, avec un résultat rapide (un quart d'heure) à l'image de ce qui se fait déjà en Allemagne ou aux États-Unis. Reste à rassurer sur la fiabilité de ces tests. C'est tout l'enjeu d'une expérimentation grandeur nature qui a débuté lundi 22 février 2021, à Saint-Etienne. 

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