Reportage

Reconfinement local en France: à Nice, les vacanciers rusent, les commerçants angoissent

Manifestation contre le reconfinement partiel à Nice, le 26 février 2021.
Manifestation contre le reconfinement partiel à Nice, le 26 février 2021. AFP - VALERY HACHE

Nice et une partie des Alpes-Maritimes ont débuté leur week-end de confinement ce vendredi soir 26 février à 18h. Pour les deux week-ends à venir, les Azuréens doivent rester chez eux. C’est la dernière mesure en date pour tenter de limiter le nombre de contaminations. Lundi dernier, le taux d'incidence atteignait 700 pour la métropole niçoise. Beaucoup se sont résignés à rester à la maison, mais certains avaient prévu de partir en vacances et les ont maintenues, quitte à s'adapter. C'est plus dur pour les commerçants qui doivent fermer aux heures où ils réalisent leurs meilleures ventes. 

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Avec notre envoyée spéciale à Nice, Pauline Gleize

De la résignation, de la lassitude et beaucoup de « si » en tête : « Si ça marche, si cela s’améliore », disent les Niçois. Car cette mesure de confinement en pointillés en laisse plus d'un dubitatif sur son efficacité. Nombreux sont davantage disposés à un confinement plus strict pour sortir plus rapidement de l’ornière. 

Dans l’ensemble, les Niçois ont plutôt l’intention de respecter le confinement, par conviction ou pas. Paradoxalement, plusieurs manifestants opposés aux nouvelles mesures sanitaires et au port du masque en extérieur ont assuré qu’ils respecteraient ce confinement, de peur de devoir payer les 135 euros d’amende. 

Les Niçois pourront tout de même mettre le nez dehors. Il existe un certain nombre d’exceptions au confinement. Il est en effet possible de sortir pour faire de l’exercice physique pendant une heure, dans un rayon de 5 kilomètres autour du domicile. 

Dérogation également pour des achats de première nécessité, pour des retraits de commande, des déménagements ou encore pour se rendre dans un lieu de culte.

Ce vendredi après-midi, la ville restait relativement animée. Sur la Promenade des Anglais ensoleillée, les pauses goûter ou le sourire de badauds devant des musiciens de rue, laissaient mal présager que la ville allait devoir s’éteindre pour le week-end. Il y avait tout de même des signes déjà visibles des nouvelles mesures sanitaires. La fermeture, par exemple, de Nice Étoile, une galerie marchande en plein centre-ville.

« On a la preuve qu'on a une réservation au ski »

Confinement ou pas, les Niçois ne comptent pas annuler leurs vacances. Pendant que les enfants jouent dans le parc, Élodie se prépare à une journée de confinement. Mais dimanche, direction la montagne pour la seconde semaine de vacances scolaires. « C'est pendant le confinement, mais on y est autorisé, se défend-elle. On a la preuve qu'on a une réservation au ski. On va faire l'attestation. Pour nous, il n'y a aucun souci. »

Stéphanie part, elle, en famille. Pas de réservation. L'organisation a dû être repensée : « On avait décidé de partir dimanche mais ce n'est pas possible à cause du confinement. On part donc vendredi - on a annulé quelques rendez-vous - et on revient plus tôt pour ne pas revenir le week-end non plus. Le week-end prochain, on sera confinés. »

Confinée au retour, mais Stéphanie voit un avantage au fait que ce confinement soit localisé : « Cela nous permet d'aller dans le département d'à côté et de profiter un peu de ces vacances. Après, étant donné que le département est aussi en zone plutôt rouge, on ne sait pas si on ne sera pas confiné dans la semaine. »

Manifestation contre les restrictions

Si Stéphanie et Elodie ont simplement maintenu les vacances, Guillaume Aral, rencontré dans la manifestation contre les mesures sanitaires, va, lui, en prendre spécialement pour le confinement. 

« Je vais pas rester ici, qu'est-ce que je vais faire ? s'exclame-t-il. Il faut beau, il faut être malade dans sa tête pour rester chez soi quand il fait beau au printemps, alors qu'au contraire, on a besoin de vitamine D, on a besoin de soleil, on a besoin de bon air ! »

Le bon air, la plupart des Niçois, qui comptent rester chez eux, pourront le prendre pendant l'heure de promenade autorisée.

Live sur Instagram

Pour ce qui est des commerçants considérés comme non essentiels, ils perdent une journée importante de travail. Vanessa Brakha, directrice de Bycolette, un magasin d'articles de mode, s'adaptera s'il le faut. 

« Pour le premier week-end, on va rester sage, explique-t-elle. Et en fonction de l'évolution de la semaine prochaine, si on sent que ça risque d'etre prolongé, à ce moment-là on organisera des live, tout simplement sur Instagram. Nous donnons rendez-vous à nos clientes de manière à leur montrer non seulement les articles qu'on a reçus, mais aussi pour leur permettre de pouvoir accéder en boutique de manière plus simple puisqu'en regardant les modèles que nous portons, elles peuvent mettre de côté, passer beaucoup moins de temps en boutique et donc prendre beaucoup moins de risque au sein de nos établissements. »

Mais les idées d'adaptation ont leur limite, précise néanmoins Vanessa Brakha : « Il faut quand même aussi comprendre que les restaurants étant fermés, beaucoup moins de gens prennent leur pause déjeuner à l'extérieur de leur bureau, ou tout simplement travaillent dans leur bureau. C'est très compliqué, très très compliqué... On va se relever, mais c'est vrai que pour les petits commerçants qui ont prôné l'ouverture, on ferme aux horaires ou on réalise le maximum de notre chiffre d'affaires. Pour survivre, il fait que ça dure que deux week-ends. On n'a peu d'espoir mais on en rêve. »  

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