Le Parquet national financier renforcé par la condamnation de Nicolas Sarkozy

Croquis d'audience lors du verdict de l'affaire des écoutes, le 1er mars 2021. Nicolas Sarkozy a été condamné à trois ans de prison dont un ferme pour corruption.
Croquis d'audience lors du verdict de l'affaire des écoutes, le 1er mars 2021. Nicolas Sarkozy a été condamné à trois ans de prison dont un ferme pour corruption. AFP - BENOIT PEYRUCQ

La condamnation de Nicolas Sarkozy à trois ans de prison, dont un ferme, suscite beaucoup d'émoi dans la classe politique française. Les proches de l'ancien président, qui va faire appel, mais aussi ses adversaires politiques comme Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon dénoncent notamment un jugement politique. Dans leur viseur : le Parquet national financier (PNF), la jeune institution, souvent critiquée, qui a porté l'accusation dans cette affaire. Pour le PNF, ce procès représentait un vrai enjeu.

Publicité

En condamnant Nicolas Sarkozy à de la prison ferme et en reprenant à son compte la majorité des arguments du Parquet national financier, le tribunal correctionnel de Paris a conforté le PNF, ce parquet ultra-spécialisé créé en 2013, après le scandale Cahuzac. Composé de 17 magistrats, sa mission est de débusquer les cas de fraudes fiscales et les affaires de corruption. En quelques années, son intransigeance a permis à l'État de récupérer près de 10 milliards d'euros. 

Airbus, Google, HSBC mais aussi François Fillon, les Balkany et, donc, Nicolas Sarkozy, entre autres, se sont déjà frottés au Parquet national financier et à ses méthodes d'enquête musclées, parfois décriées. Par exemple, le fait que les factures téléphoniques d'une dizaine de ténors du barreau aient été épluchées afin de trouver la « taupe » qui aurait informé Nicolas Sarkozy et son avocat qu'ils étaient sur écoutes dans l'affaire Bismuth, avait fait beaucoup réagir. L'un des avocats surveillés, Eric Dupond-Moretti, avait dénoncé à l'époque des « méthodes de barbouze » et porté plainte. Une plainte retirée lors de sa nomination comme ministre de la Justice.

Autre accusation qui revient souvent surtout au sein de la classe politique : le PNF serait au service du pouvoir, les procureurs de la République étant nommés par l'exécutif. Faux, répondent les magistrats qui ne cessent de défendre leur indépendance. Reste que de récentes polémiques, impliquant notamment son ancienne patronne, Eliane Houlette, ont fragilisé le PNF. La condamnation de Nicolas Sarkozy lui apporte une bouffée d'oxygène.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail