France: le groupuscule d'extrême droite Génération identitaire dissous

«Nous nous définissons comme lanceurs d'alerte» pour «alerter sur les problèmes de l'immigration, de l'islamisation», expliquait la porte-parole de Génération identitaire à Sud Radio le 27 janvier dernier.
«Nous nous définissons comme lanceurs d'alerte» pour «alerter sur les problèmes de l'immigration, de l'islamisation», expliquait la porte-parole de Génération identitaire à Sud Radio le 27 janvier dernier. AFP - BERTRAND GUAY

Le gouvernement a adopté un décret en ce sens en Conseil des ministres, ce mercredi 3 mars. Génération identitaire était dans le viseur des autorités pour « incitation à la discrimination, à la haine et à la violence ». 

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Le groupuscule, proche du Rassemblement national, s'était fait connaître par ses actions « coup de poing » contre les musulmans et l'immigration, notamment au printemps 2018 lorsqu'il avait organisé des patrouilles anti-migrants dans les Alpes.

Créée en 2012, l'association loi 1901 avait un nombre restreint de militants et sympathisants (800 tout au plus) mais maîtrisait parfaitement bien les codes médiatiques pour diffuser ses idées, notamment sur les réseaux sociaux. De nombreuses vidéos de leurs actions ont ainsi été relayées et leur ancien porte-parole, Damien Rieu (un nom d'emprunt), était très actif sur Twitter avec ses 90 000 abonnés.

Génération identitaire revendiquait une vision ethnique et culturelle de l'Europe blanche et chrétienne à laquelle ne pouvait s'assimiler, selon eux, l'islam. Ils prônaient ainsi la « remigration », c'est-à-dire le retour de tous les immigrés dans leur pays d'origine.

« Greenpeace de droite », « lanceurs d'alerte », le groupuscule n'avait de cesse de multiplier les happening médiatiques, comme en janvier dernier : une énième action contre des migrants dans les Pyrénées qui avait « scandalisé » le ministre de l'Intérieur.

La procédure de dissolution avait été lancée mi-février avec l'envoi à l'association d'un argumentaire. GI avait jusqu'au 24 février pour y répondre.

 

Le porte-parole du gouvernement a justifié ainsi cette décision, à la sortie du Conseil des ministres : « Le premier motif qui a justifié cette décision est l’incitation à la discrimination, à la haine et à la violence. Génération identitaire entretient par ailleurs des liens intenses avec des groupuscules d’ultra-droite, qui lui assurent un soutien logistique et financier. C’est une nouvelle dont toutes celles et tous ceux qui aiment et défendent sincèrement la République peuvent se réjouir. C’est une nouvelle preuve que nous ne laisserons aucun groupe, quel qu’il soit, jouer de nos lois et de nos valeurs ».

Par cette décision, nous mettons aux activités parfois violentes d'un groupe qui avait depuis fort longtemps coupé les ponts avec la République. Génération identitaire ne défendait plus des idées mais en était le bras armé.

Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement

Si elle était attendue, la décision du gouvernement a provoqué la colère du côté du Rassemblement national. Pour l'eurodéputé Thierry Mariani, interrogé par RFI, il s'agit tout simplement d'une « décision politique » qui touche des « lanceurs d'alerte de droite ». 

Génération identitaire n'a jamais été condamné en tant qu'organisation...

Thierry Mariani, eurodéputé RN

(Avec AFP)

 

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