France: un rapport dresse le portrait des mineurs isolés étrangers

Les jeunes refusés par le DEMIE (Dispositif d'évaluation des mineurs isolés étrangers) se retrouvent à la rue sans logement ni nourriture. Voisins et militants s'organisent pour assurer des déjeuners cinq jours par semaine.
Les jeunes refusés par le DEMIE (Dispositif d'évaluation des mineurs isolés étrangers) se retrouvent à la rue sans logement ni nourriture. Voisins et militants s'organisent pour assurer des déjeuners cinq jours par semaine. RFI/ Olivier Favier

Environ 10% des mineurs isolés étrangers ont commis des actes de délinquance, en hausse tant dans leur fréquence que dans leur violence, met en évidence un rapport parlementaire présenté le 10 mars, qui offre un état des lieux inédit de cette problématique en France.

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La mission d'information menée par les députés Jean-François Eliaou (LREM) et Antoine Savignat (LR) sur les problématiques de sécurité associées à la présence sur le territoire français de mineurs non accompagnés (MNA), a permis de dresser le profil-type des MNA délinquants en France. 

« On a deux types de mineurs non-accompagnés en France, explique Jean-François Eliaou au micro d'Aram Mbengue du service France de RFI.Ceux qui viennent d’Afrique subsaharienne, dans la majorité des cas, ce ne sont pas eux qui posent des soucis. Il s’agit plutôt de jeunes qui peuvent être très jeunes, jusqu’à 12-13 ans, mais en général 16-17 ans, qui viennent du Maghreb et en particulier du Maroc et de l’Algérie ».

Refus de toute prise en charge

Avec 2 000 à 3 000 cas recensés par le ministère de la Justice, les MNA délinquants représentent à peu près 10 % de l'ensemble des MNA et se singularisent par un refus de toute prise en charge. « Il y a un défaut de prise en charge de ces mineurs non-accompagnés, confirme le député LREM. Peut-être parce que tous les outils n’existent pas, d’une part. Et cela tient également à la spécificité de ces mineurs non-accompagnés, qui refusent toute main tendue, toute volonté de la part des pouvoirs publics et des associations, de les prendre en charge et notamment une charge éducative ».

Ils commettent surtout des vols de rue, dans les transports en commun, parfois avec violences, ou des vols par effraction, en premier lieu dans les pharmacies. Ces infractions nourrissent un sentiment d'impuissance de la part des forces de l'ordre et des magistrats, démunis face à cette forme de délinquance et sur les réponses à y apporter, soulignent les rapporteurs. « Il faut prendre en charge très rapidement ces enfants délinquants, conclut Jean-François Eliaou. On cherche, dans nos préconisations, à mettre en place des protections, y compris par des associations, par l’aide sociale à l’enfance et par la protection judiciaire de la jeunesse ».

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