Covid en France: les annonces d'Emmanuel Macron suscitent des interrogations

De nouveaux commerces ont du fermer dans les seize départements, et la liste de ceux qui restent ouverts a été publiée: fleuristes, chocolatiers, magasins de musique, coiffeurs ou cordonniers font partie de cet inventaire à la Prévert. Selon le gouvernement, cela porte à 90 000 le nombre de commerces désormais fermés.
De nouveaux commerces ont du fermer dans les seize départements, et la liste de ceux qui restent ouverts a été publiée: fleuristes, chocolatiers, magasins de musique, coiffeurs ou cordonniers font partie de cet inventaire à la Prévert. Selon le gouvernement, cela porte à 90 000 le nombre de commerces désormais fermés. AFP - LUDOVIC MARIN

Les réactions politiques se sont multipliées après l'annonce par le président Emmanuel Macron de nouvelles mesures pour lutter contre la pandémie de Covid-19, notamment l'extension à tout le territoire des restrictions déjà en vigueur dans 19 départements.

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Pour Marine Le Pen, présidente du RN, « les mesures annoncées par Macron résultent notamment d'un Waterloo vaccinal dont il n'assume pas la responsabilité. Ce sont hélas les Français qui paient les conséquences de ces retards, de cet orgueil, de ces incohérences, avec un impact lourd sur leur vie quotidienne ».

À l’autre bout de l’échiquier politique, Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI, a jugé « Macron incohérent. Les élèves : les uns à l'école, les autres à la maison. Couvre-feu sans alternance des horaires de travail = la cohue. Purificateur d'air ? Masque FFP2 Gratuit ? Licence libre des vaccins ? Rien. Désolant. »

Julien Bayou, secrétaire national EELV, est également très critique après les annonces : « Un président omniscient décide de tout, tout le temps et pour tout le monde. Le Parlement s'occupera du reste. Le « pari » morbide est perdu. Nous en payons le prix. À privilégier l'économie au détriment de la santé, nous perdons sur les deux tableaux ».

Pour le président Les Républicains (LR) de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et président des Régions de France, Renaud Muselier, « ce nouveau tour de vis doit être le der des der ! Vaccinons nuit et jour, partout, pour protéger et rendre possible le retour à la vie. On veut vivre ! »

De la colère également chez Fabien Roussel, numéro un du PCF. « J'espérais que le président fasse des annonces ambitieuses pour l'accès aux vaccins, pour les produire en France, pour aller plus vite et plus fort, a-t-il déclaré. La santé n'est pas une marchandise ! 

► À lire aussi : Covid en France: crèches, écoles, collèges et lycées fermés durant trois semaines

L’espoir du côté des soignants

Pour Philippe Juvin, chef des urgences de l'hôpital Georges-Pompidou à Paris et maire LR de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine), « on a pris beaucoup de retard, il y a eu de la procrastination, on va le payer très cher ». Et de poursuivre : « On nous demande de faire des efforts (le personnel soignant), on va le faire, mais ça va être très compliqué ».

Il y a des décisions assez fortes qui vont peut-être permettre un certain freinage...

Stéphane Gaudry, professeur d'anesthésie réanimation à l'hôpital Avicenne en région parisienne

« Il va y avoir un certain temps de latence avant qu'on voie l'impact de ces mesures, on espère qu'elles seront suffisantes. Le fait de l'étendre à toute la France, le fait d'agir sur les écoles, en particulier les collèges et les lycées (...), on espère que ce sont des mesures qui permettront de freiner cet engorgement qu'on sentait venir dans les réanimations et les urgences au détriment de la prise en charge des patients hors Covid », a affirmé de son côté Karine Lacombe, cheffe de service des maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Antoine à Paris.

Les mesures les plus importantes concernent l'école, ça c'est plutôt bien....

Professeur Jean-François Timsit, chef du service de réanimation médicale et infectieuse à l'hôpital Bichat à Paris


 ♦ Le patronat s'inquiète des conséquences des nouvelles restrictions sanitaires

Les deux principales organisations patronales françaises, le Medef et la CPME, se sont inquiétées mercredi des conséquences de l'extension des fermetures de commerces à l'ensemble du territoire métropolitain. « Ce nouveau confinement va être terrible pour tous les secteurs fermés », a réagi dans un tweet le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux après l'allocution d'Emmanuel Macron.

« Ce doit être le dernier. Ouvrons-les tous le 15 mai », a ajouté M. Roux de Bézieux alors que nombre de commerces et d'établissements recevant du public subissent des fermetures administratives pour freiner l'épidémie de Covid-19.

Le 20 mars, suite à l'annonce de la décision de fermer certains commerces dans 16 départements, le président du Medef avait déjà dénoncé un « acharnement sur les commerces ».

De son côté, le président de la Confédération des PME François Asselin a rappelé mercredi l'impossibilité pour l'employeur de contraindre un salarié à poser des congés sans un délai de prévenance d'un mois minimum, s'il doit rester chez lui pour garder ses enfants alors que les écoles resteront fermées trois semaines.

Pour les salariés au chômage partiel, il y a d'autre part un « reste à charge de 15% pour l'employeur, sauf pour les secteurs S1 et S1 bis », c’est-à-dire les établissements les plus affectés par la crise sanitaire, a déclaré M. Asselin à l'AFP. Selon lui, « on va avoir des gens au chômage partiel qui ensuite vont prendre leurs congés payés quand l'activité redémarre ».

« Dans une période comme on la traverse depuis plus d'un an, franchement on n'avait pas besoin de ça », déplore le président de la CPME, qui demande à « pouvoir repositionner les congés des salariés ».

Par ailleurs, la CPME regrette « qu’on n’ait pas gardé la territorialisation », avec des mesures de restriction uniformes sur l'ensemble du territoire métropolitain à compter de dimanche.

« Si on ne peut pas se rendre à plus de dix kilomètres, pourquoi fermer tous les commerces de proximité ? », s'est interrogé M. Asselin.

Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) déplore les conséquences pour le commerce.

(Avec AFP)

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