France: l'Assemblée examine une proposition de loi visant à légaliser et encadrer l'euthanasie

Le débat sur l'euthanasie, relancé à travers une proposition de loi examinée jeudi à l'Assemblée, continue à diviser la classe politique.
Le débat sur l'euthanasie, relancé à travers une proposition de loi examinée jeudi à l'Assemblée, continue à diviser la classe politique. Getty Images

Ce jeudi 8 avril est examinée à l'Assemblée nationale une proposition de loi visant à légaliser et encadrer la pratique de l'euthanasie en France. Un sujet éminemment sensible qui suscite des tensions entre députés poussés par les plus de 90% de Français favorables à cette mesure et ceux qui manifestent plus ou moins ouvertement leur opposition. Un malaise palpable notamment chez Les Républicains et à la République en Marche. En Europe, l’euthanasie est légale aux Pays-Bas, en Belgique, au Luxembourg ou encore au Portugal et en Espagne.

Publicité

Il dispose d'une journée pour faire étudier et voter sa proposition de loi. Mais la tâche s'annonce compliquée pour le député Libertés et Territoires Olivier Falorni : 3 000 amendements ont été déposés dont une bonne partie par 5 députés Les Républicains. « Un quarteron de députés essaie d’empêcher que les députés votent sur un sujet de société majeur comme celui de la fin de vie », déplore-t-il.

Du côté de LR, on réfute toute obstruction. Damien Abad, président du groupe à l'Assemblée refuse également que son parti, divisé sur le sujet, porte seul le chapeau de l'échec annoncé du texte. « Si le gouvernement veut ce texte, il peut faire voter et adopter ce texte à tout moment, dit-il. Mais la vérité, c’est que c’est le bal des faux-culs, le gouvernement dit l’inverse en privé qu’en public. Et la vérité, c’est qu’en fait, ils sont tous contre. »

Le dossier ne fait en effet pas l'unanimité au sein de l'exécutif, tenté d'attendre un potentiel second mandat d'Emmanuel Macron. Ce qui ne plaît pas du tout aux nombreux partisans du texte parmi les députés La République en Marche, dont le professeur de médecine Jean-Louis Touraine. « Le Covid-19 a montré la catastrophe de beaucoup de fins de vies, donc, il est urgentissime de le faire. Par pour le prochain mandat, mais pour ce mandat », déclare-t-il.

Dans le cas du rejet, probable, de la proposition de loi d'Olivier Falorni, Jean-Louis Touraine préconise que la majorité soumette son propre texte. Mais il lui faudra convaincre les réticents de son camp, le gouvernement et l'Élysée.

► À écouter aussi : L’euthanasie revient au cœur du débat politique européen


Reportage en Suisse

Chaque année, de dizaines de Français décident d'aller mourir dans les quelques pays européens qui autorisent déjà le suicide assisté. C'est le cas de la Suisse.

Plusieurs conditions doivent être remplies pour avoir droit à une aide au suicide. Il faut notamment avoir sa capacité de discernement. Et être malade bien sûr. Même si certains aimeraient autoriser la pratique aux personnes en grande souffrance. Béatrice Deslarzes, elle, en tout cas, semble avoir fait son choix...

Ecoutez le reportage

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail