Islam de France: les associations non signataires de la charte dénoncent une ingérence

Chantier de construction de la mosquée Ayub Sultan à Strasbourg, le 6 avril 2021.
Chantier de construction de la mosquée Ayub Sultan à Strasbourg, le 6 avril 2021. AFP - FREDERICK FLORIN

Après la polémique au sujet d’une subvention municipale pour la construction d’une mosquée à Strasbourg, plusieurs fédérations musulmanes contre-attaquent et expliquent pourquoi elles n’ont pas signé en janvier la charte des principes de l’islam en France. Etaient présentes deux associations de l’islam turc, Milli Gorus et le comité de coordination des musulmans turcs de France, ainsi que l’association Foi et Pratique, très implantée en région parisienne. Elles dénoncent l’ingérence du gouvernement français dans le culte musulman.

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Avec notre correspondante à Strasbourg, Angélique Ferat

C’est à l’ombre des coupoles de la mosquée Ayub Sultan en construction que la réunion a lieu. Il y a là bien sûr Milli Gorus, l’association mise en cause après une demande de subvention municipale, et deux autres non signataires de la charte des principes de l’islam.

Les trois associations ont les mêmes griefs. « Nous avons été qualifiées d’ennemies de la république, disent-elles. Mais nous sommes des associations françaises sans projet politique. Vous avez devant vous des Français de confession musulmane. Rien d’autre. »

« Nous sommes pour que la loi de 1905 soit appliquée, déclare Hamad Hammami, président de Foi et pratique. Nous sommes contre l'ingérence du religieux dans le politique, et vice versa. Parce que nous ne sommes pas dupe. La signature la charte a été faite le jour de la présentation du projet de loi dit séparatisme à l'Assemblée nationale. »

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Prêtes au dialogue

Ces fédérations ont refusé de signer un texte qui leur a été imposé sans possibilité de changer une virgule. Rien à voir avec l’égalité homme femme ou la question de l’ingérence étrangère, disent-elles. Toutes appellent au calme pour le bien de tous. Elles assurent être prêtes au dialogue avec le ministre de l’Intérieur.

Quant au Conseil français du culte musulman (CFCM), elles estiment qu’il doit être réformé pour dépasser les divisions qui le bloquent régulièrement. Sinon elles pourraient créer leur propre instance.

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