France: la suppression des vols intérieurs de moins de 2h30 en train divise toujours

Des avions d'Air France à l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle, à Roissy. En raison de l'épidémie de coronavirus, les parkings des aéroports sont pleins d'avions en stationnement. (Image d'illustration)
Des avions d'Air France à l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle, à Roissy. En raison de l'épidémie de coronavirus, les parkings des aéroports sont pleins d'avions en stationnement. (Image d'illustration) Philippe LOPEZ / AFP

Après des débats houleux, l’Assemblée nationale a voté, samedi 10 avril, en première lecture, la suppression de plusieurs lignes aériennes intérieures en cas d’alternative en train de moins de 2h30. Une mesure phare de la loi Climat qui suscite la controverse. Ce vote intervient à quelques jours de l'annonce par l'État de nouveaux prêts à Air France qui pourraient atteindre quatre milliards d'euros. Une aide qui n'est pas incompatible avec l'interdiction de certains vols intérieurs, a déclaré ce dimanche, Agnès Pannier-Runacher, la ministre déléguée en charge de l'Industrie.

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La convention citoyenne pour le climat demandait la suppression des vols intérieurs en cas d'alternative en train de moins de 4 heures. C'est finalement l'option pour des trajets de moins de 2h30 en train qui a été retenue. Les vols entre Paris-Orly et Nantes, Lyon ou Bordeaux devraient donc être supprimés.

En fait, ce projet de loi entérine ce qui existe déjà, puisque Air France a arrêté ces liaisons. C’était une des contreparties exigées par le gouvernement en échange d'un premier soutien financier de 7 milliards d’euros en mai 2020, quand la pandémie de Covid-19 a totalement cloué ses avions au sol. Pas question toutefois que d’autres opérateurs concurrents s’engouffrent dans la brèche, a promis le secrétaire d’État chargé des transports, Jean-Baptiste Djebbari.

Des pertes d'emploi redoutées

Ces mesures sont décriées par les compagnies aériennes qui craignent pour leur survie et argumentent que le train est lui aussi polluant. Elles ont aussi suscité la colère de nombreux élus de l’opposition, comme de la majorité, tout particulièrement ceux du sud-ouest, région d’implantation d’Airbus, à Toulouse, et de nombreux sous-traitants. Ils alertent contre les pertes d’emploi. Certains évoquent entre 8 000 et 10 000 postes en moins chez Air France, dans le cadre d’un plan d’économie. 

Si le texte est adopté en deuxième lecture, à l’Assemblée nationale, la France serait, selon Jean-Baptiste Djebbari, le premier pays au monde à imposer de telles restrictions pour décarboner.

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