France: l'enseignement à distance victime de cyberattaques?

Le site du Centre national d'enseignement à distance (Cned) qui est censé assurer la continuité de l'école.
Le site du Centre national d'enseignement à distance (Cned) qui est censé assurer la continuité de l'école. AFP - GUILLAUME SOUVANT

La plateforme française « Ma Classe à la maison » du Centre national d'enseignement à distance (Cned) aurait été victime de plusieurs cyberattaques perpétrées depuis la Russie et la Chine, et ce, en pleine période de fermeture des établissements scolaires pour freiner l'épidémie de coronavirus. Une enquête a été ouverte.

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Lors du premier jour d'enseignement à distance mardi 6 avril, suite aux décisions d'Emmanuel Macron de fermer les écoles pendant trois semaines, la majeure partie des élèves et enseignants avaient eu beaucoup de mal à se connecter aux plateformes qui permettent de suivre les cours en vidéo. Le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer avait d'ailleurs évoqué « une très forte attaque venue de l'étranger » sans donner de précisions sur son origine.

L'origine géographique ne veut rien dire

Rapidement, il est question d'ordinateurs chinois et russes, dans les colonnes du JDDToutefois l'origine géographique de ces actes de malveillance ne signifie pas que ses auteurs soient de nationalités russe ou chinoise. Selon Damien Bancal, journaliste et expert en cybersécurité, il est encore trop tôt pour valider cette hypothèse : « Aujourd'hui, en informatique, il est possible d’usurper l’identité d’une région. Un jeune Dunkerquois, un jeune Luxembourgeois, un jeune Belge, peuvent très bien utiliser des outils, voire des sites pirates dédiés à ce type d’attaques, et qui passeront par la Chine, par la Corée, par la Belgique. »

« C’est très compliqué, poursuit-il, de savoir véritablement d’où part l’attaque. Je pense qu’on n’a pas encore suffisamment d’éléments. Ça peut être des pirates qui ont tenté un chantage, ça peut être aussi des collégiens. À 8h30, ils étaient douze millions à se connecter sur le même serveur. cela pourrait être des actes malveillants à des fins politiques. Dans les cas de pirates informatiques, il y aurait peut-être moyen de dire « Regardez, c’est nous, payez nous ! ». Ou alors « acceptez ce qu’on vous a demandé ». 

Afflux de connexions

Les ENT (Espaces numériques de travail) gérés par les collectivités locales, ont également été perturbés la semaine dernière dans plusieurs régions en raison d'un afflux de connexions. Des critiques sur une préparation insuffisante de l'enseignement à distance ont été formulées à l'encontre du ministre de l'Éducation. Le parquet de Paris a annoncé l'ouverture d'une enquête.

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