Covid-19: la barre des 100 000 morts dépassée en France

Malgré la violence de la première vague de Covid en France (près de 30000 morts entre mi-mars et mi-mai 2020), la grande majorité des décès sont survenus depuis fin octobre (environ 65000), conséquence d'une deuxième vague qui ne s'est jamais échouée, puis d'une nouvelle forte reprise épidémique durant l'hiver, portée par le variant anglais, plus contagieux.
Malgré la violence de la première vague de Covid en France (près de 30000 morts entre mi-mars et mi-mai 2020), la grande majorité des décès sont survenus depuis fin octobre (environ 65000), conséquence d'une deuxième vague qui ne s'est jamais échouée, puis d'une nouvelle forte reprise épidémique durant l'hiver, portée par le variant anglais, plus contagieux. AP - Jean-Francois Badias

La France a officiellement dépassé jeudi 15 avril le lourd bilan de 100 000 morts depuis le début de l'épidémie de Covid-19, en pleine troisième vague qui dure et laisse ouvertes les questions sur une réouverture du pays à partir de la mi-mai.

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Avec 300 nouveaux décès enregistrés jeudi 15 avril à l'hôpital, le pays franchit à son tour cette barre symbolique comme, en Europe, le Royaume-Uni (127 000 morts) et l'Italie (115 000 morts). D'autres pays (Belgique, Portugal) ont une mortalité plus élevée par habitant.

Malgré la violence de la première vague (près de 30 000 morts entre mi-mars et mi-mai 2020), la grande majorité des décès sont survenus depuis fin octobre (environ 65 000), conséquence d'une deuxième vague qui ne s'est jamais échouée, puis d'une nouvelle forte reprise épidémique durant l'hiver, portée par le variant anglais, plus contagieux. Si la vaccination massive dans les Ehpad a porté ses fruits, près de 300 morts s'ajoutent encore chaque jour à l'hôpital en avril.

Avec plus de 5 900 malades en réanimation, au plus haut depuis le printemps 2020, « la troisième vague n'est pas derrière nous », a prévenu Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement.

L'opposition attribue la durée de la crise aux mesures trop tardives de l'exécutif, qui avait écarté fin janvier un confinement strict, comme le préconisait le conseil scientifique.

Les embûches sont encore nombreuses. Cette semaine, la France a fermé à la hâte les liaisons aériennes avec le Brésil, en raison des inquiétudes autour du variant P1, considéré comme plus dangereux, mais encore très minoritaire en métropole.

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Les voyageurs en provenance de Guyane, frontalière du Brésil, doivent eux se soumettre à partir de jeudi à des tests antigéniques systématiques à leur arrivée en métropole, en plus du test PCR négatif au départ.

Plus de doses de vaccin Pfizer au 2e trimestre

Au moment où les premières 200 000 doses du vaccin Johnson & Johnson viennent juste d'être livrées, l'annonce du fabricant américain de retarder son déploiement en Europe met un point d'interrogation sur les quelque 350 000 autres doses qui devaient être reçues fin avril. « Non, ça ne remet pas en cause le calendrier vaccinal », a assuré jeudi la ministre de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, expliquant que « la prochaine livraison attendue est le 26 avril » et qu'« entre les deux, l'Agence du médicament européenne prendra position » sur les risques soulevés aux États-Unis de très rares cas de thrombose.

En revanche, la France va bénéficier d'au moins sept millions de doses de plus du vaccin Pfizer/BioNTech au 2e trimestre, ont annoncé mercredi plusieurs membres du gouvernement, conséquence d'une accélération des livraisons à l'Union européenne.

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« Créneaux dédiés » réservés à plusieurs professions

Alors que la vaccination vient de s'ouvrir aux plus de 55 ans sans condition de fragilité, le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé que des « créneaux dédiés » seraient réservés ce week-end à plusieurs professions exposées dans cette catégorie d'âge, notamment les professeurs des écoles, collèges et lycées, les professionnels de la petite enfance, les policiers et gendarmes, les surveillants pénitentiaires, les agents spécialisés des écoles maternelles (Atsem) et les AESH (accompagnants d'enfants en situation de handicap). Soit environ 400 000 personnes.

Dans ce contexte, la France pourra-t-elle suivre à la mi-mai, comme promis par Emmanuel Macron, l'exemple du Royaume-Uni, qui a rouvert ses terrasses cette semaine, ou de la Belgique, qui a prévu de le faire le 8 mai ? Le chef de l'État a réuni une partie du gouvernement à partir de 18h00 sur ce sujet. Au menu également, la réouverture progressive des lieux culturels, sous cloche depuis plus de cinq mois.

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« Le calendrier est décidé par le président de la République et par le Premier ministre, en fonction de la situation sanitaire de la France. Nous, notre responsabilité (...) c'est de présenter des protocoles de sortie » préparés avec les professionnels, a déclaré jeudi le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, qui avait refusé de confirmer une date mercredi, prévenant que le 15 mai faisait « partie des hypothèses ».

Avant cette échéance, une autre se profile le 26 avril, le retour à l'école des enfants dans le primaire, après trois semaines de fermeture.

Dans une pétition en ligne (27 000 signataires mercredi soir), tous les syndicats d'enseignants demandent notamment le maintien du principe de la classe fermée au premier cas de Covid, l'équipement des locaux en capteurs CO2 pour une meilleure aération et la vaccination de tous les personnels volontaires.

(Avec AFP)

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