France: contrôles répétés contre les prostituées chinoises de Belleville

Des femmes d'origine chinoises balaient la chaussée alors qu'elles participent à un rassemblement de travailleuses du sexe contre le harcèlement de la police, dans le quartier de Belleville à Paris, le 24 juin 2015.
Des femmes d'origine chinoises balaient la chaussée alors qu'elles participent à un rassemblement de travailleuses du sexe contre le harcèlement de la police, dans le quartier de Belleville à Paris, le 24 juin 2015. AFP - GUILLEMETTE VILLEMIN

A Paris, des prostituées chinoises sont visées depuis le mois dernier par des contrôles répétés d’identité et de titres de séjours. La plupart sont en situation irrégulière ; elles sont donc ramenées au poste et se voient ensuite remettre des Obligations de quitter le territoire (OQTF). Mais pour les associations qui aident ces femmes, ces contrôles seraient illégaux et fragiliserait encore plus les travailleuses du sexe.

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Chaque semaine des opérations sont menées par de nombreux policiers en civil. Les contrôles d'identité se sont multipliés ces derniers temps, dénonce Nora Martin-Janko, coordinatrice du programme Lotus Bus, un programme de Médecins du Monde auprès des travailleuses du sexe chinoises. Selon elle, les conséquences de ces contrôles peuvent être graves et elle l'explique au micro de Nathan Bocard du service France de RFI: « La police n'est plus perçue comme potentiellement un allié en cas d'agression. En plus, empêcher les personnes finalement de travailler dans ces espaces-là [les conduit à] s'éloigner des centres-villes. Pour rentrer en contact avec nous, ce sera beaucoup plus difficile pour pouvoir faire ensuite notre travail de prévention. »

Pour la coordinatrice, l'objectif de la police est clair : « Les personnes témoignent du fait que seulement les travailleuses du sexe chinoises seraient visées par ces contrôles. Pour moi, c'est aussi une manière détournée de lutter contre la prostitution. »

Contrôle au faciès

Pourtant, le délit de racolage n'existe plus depuis 2016. Mais ce n'est pas la seule irrégularité dans ces contrôles, selon Raphaël Bernard. Le député LREM a écrit au ministre de l'Intérieur pour demander des explications sur ces opérations. « Quand on contrôle les titres de séjour, cela ne peut pas se faire sur la base de l'origine ou de l'apparence de la personne. Cela devient du contrôle au faciès et le ministre a été le premier à répéter que ce type de contrôle ne se pratiquait pas. »

De son côté, la préfecture assure que son but est de lutter contre l'immigration clandestine et d'assurer la sécurité des riverains.

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