Policiers brûlés à Viry-Châtillon: cinq jeunes reconnus coupables de tentative de meurtre

Octobre 2016, Viry-Chatillon, inspection de la voiture de police brûlée lors d'une attaque par un groupe de jeunes. Deux policiers avaient été grièvement brûlés.
Octobre 2016, Viry-Chatillon, inspection de la voiture de police brûlée lors d'une attaque par un groupe de jeunes. Deux policiers avaient été grièvement brûlés. Thomas SAMSON / AFP

C'est une affaire judiciaire qui avait troublé l'opinion publique. La cour d'assises des mineurs de Paris a condamné en appel dans la nuit de samedi à dimanche cinq jeunes à des peines allant de 6 à 18 ans de réclusion pour la violente agression de policiers à Viry-Châtillon (Essonne) en 2016, et en a acquitté huit autres. 

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Le 8 octobre 2016, un groupe de jeunes âgés de de 16 à 21 ans au moment des faits, avaient pris d’assaut deux voitures de police stationnées à proximité de la Grande Borne, près de Viry-Châtillon, une des cités les plus sensibles de la région parisienne. Ils avaient brisé les vitres et jeté dans l’habitacle des cocktails Molotov, blessant quatre policiers dont deux grièvement. Bernard Cazeneuve, alors ministre de l'Intérieur, avait dénoncé «un acte de guerre», « une attaque barbare, sauvage, qui était destinée à tuer ». En première instance, en décembre 2019 devant la cour d'assises de l'Essonne, treize jeunes avait été jugés : huit jeunes avaient été reconnus coupables et avaient écopé de peines de prison allant de 10 à 20 ans, 5 autres avaient été acquittés. Le parquet général avait fait appel de ce premier verdict.

En appel la nuit dernière, après 14 heures de délibération et six semaines d'audience à huis clos, les cinq condamnés ont été reconnus coupables de tentative de meurtre sur personnes dépositaires de l'autorité publique. Trois d'entre eux ont été condamnés à 18 ans de prison, un à 8 ans de prison, et le dernier à 6 ans. Ils encouraient la réclusion criminelle à perpétuité. Les huit autres accusés ont été acquittés.

Bagarre dans le box des accusés 

Le verdict a provoqué la colère des avocats des victimes et une bagarre dans le box des accusés qui a nécessité l'intervention des forces de l'ordre. Les heurts se sont ensuite étendus dans la salle d'audience, où étaient présentes les familles des accusés. Le calme est revenu au bout d'une dizaine de minutes, rapporte l'Agence France presse.

 « Nous venons d'assister à un naufrage judiciaire (...) alors que l'on sait qu'il y avait 16 assaillants, on se retrouve avec cinq condamnations », a dénoncé Me Thibault de Montbrial, avocat de l'une des victimes. « C'est un naufrage car au moment du verdict, le naturel a repris le dessus, une bagarre générale a éclaté, des accusés se sont pris à partie » a jouté l'avocat, expliquant n'avoir « jamais vu ça en 25 ans de cour d'assises ». « Ces policiers qui étaient dans les voitures, on leur crache à la figure après les avoir brûlés une première fois », a dénoncé à la sortie de l'audience Me Laurent Franck Lienard, avocat de deux des policiers.

 Pour la défense au contraire, c'est un « soulagement », selon maître Mauger-Poliak, l'une des avocates, qui a salué un « démenti total de l'enquête ». La cour n'a pas suivi les réquisitions de l'avocat général qui avait demandé mardi un acquittement et des peines de 12 à 25 ans de réclusion criminelle pour les 12 autres accusés, âgés aujourd'hui de 21 à 26 ans. 

Du côté de la police, le syndicat Unité SGP Police, partie civile dans le procès en appel, a réagi par un communiqué dimanche. « Le verdict dans le procès de Viry-Châtillon est incompréhensible et laisse les victimes et de nombreux policiers très amers et en colère », déclare Grégory Joron, secrétaire général délégué d'Unité, cité dans le communiqué.

avec agences

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