Reportage

Affaire de Viry-Châtillon: les policiers crient leur colère contre la justice

Le rassemblement devant le palais de justice de Paris, ce mardi 20 avril 2021, à l'appel du syndicat de la police française Alliance.
Le rassemblement devant le palais de justice de Paris, ce mardi 20 avril 2021, à l'appel du syndicat de la police française Alliance. AFP - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT

En France, des policiers ont manifesté ce mardi devant des tribunaux pour exprimer leur colère après le verdict dans l'affaire de Viry-Châtillon. En 2016, deux voitures de police et leurs équipages ont été visés avec des cocktails Molotov dans cette ville de l'Essonne. Le week-end dernier, 8 des 13 mis en cause ont été acquittés. 

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Ils sont plusieurs centaines de policiers à manifester en face du palais de justice de Paris pour réclamer une justice plus sévère. « On ne sait pas si on va rentrer en vie le soir ou peut-être même blessé », confie l'un d'eux. Dix-sept ans qu'il porte l'uniforme. Mais aujourd'hui, il raconte partir au travail la peur au ventre. « Avant j'étais fier de dire que j'étais policier, et plus les années passent et moins je le dis. Et je cherche même à quitter la profession. »

Cet autre collègue le constate aussi au quotidien : il est de plus en plus menacé pendant ses interventions sur le terrain. « Dans les quartiers populaires, c'est compliqué de travailler parce que soit on est filmés, soit on est pris à parti tout de suite, et les moyens explosifs, cocktails Molotov et autres artifices qui visent les forces de l'ordre... C'est compliqué. »

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Le verdict dans l'affaire de Viry-Châtillon a accentué ce malaise. « La justice doit faire son travail, et le laxisme de celle-ci est intolérable, dénonce Fabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat Alliance.  Le signal qui est donné, c'est " continuez à brûler des policiers, continuez à les agresser parce qu'au final il ne vous arrive pas grand-chose ". Et encore une fois on donne raison aux délinquants et non pas aux policiers. » 

La relation entre la justice et la police nationale est surveillée de près par le ministère de l'Intérieur. Le sujet sera justement au cœur du prochain rendez-vous du Beauvau de la sécurité, avec la présence du ministre de la Justice Éric-Dupond-Moretti.  

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