Bicentenaire de la mort de Napoléon Bonaparte: il «est une part de nous», souligne Macron

Le président français Emmanuel Macron devant la tombe de Napoléon Bonaparte (1769-1821) lors d'une cérémonie pour commémorer le 200e anniversaire de la mort de Napoléon Bonaparte à la cathédrale Saint-Louis des Invalides à Paris, le 5 mai 2021.
Le président français Emmanuel Macron devant la tombe de Napoléon Bonaparte (1769-1821) lors d'une cérémonie pour commémorer le 200e anniversaire de la mort de Napoléon Bonaparte à la cathédrale Saint-Louis des Invalides à Paris, le 5 mai 2021. REUTERS - SARAH MEYSSONNIER

« Napoléon Bonaparte est une part de nous » : Emmanuel Macron a dressé mercredi un portrait « en clair-obscur » de cette figure controversée de l'Histoire de France, dénonçant ses « fautes », comme le rétablissement de l'esclavage, mais aussi célébrant ses qualités de « bâtisseur et législateur » et de défenseur de la souveraineté nationale.

Publicité

En commémorant le bicentenaire de la mort de l'Empereur, le chef de l'État, premier président à s'exprimer sur Napoléon depuis Pompidou, a expliqué dans un discours à l'Institut de France vouloir réaliser une « commémoration éclairée ». Avec, a-t-il insisté, « la volonté de ne rien céder à ceux qui entendent effacer le passé au motif qu'il ne correspond pas à l'idée qu'ils se font du présent », en une critique implicite de la « cancel culture ». « De l'Empire nous avons renoncé au pire, de l'Empereur nous avons embelli le meilleur », a-t-il affirmé, appelant de nouveau à « regarder notre Histoire en face et en bloc ».

Emmanuel Macron assume de commémorer Napoléon

Sur l'esclavage, que Napoléon a rétabli, il déclare ainsi que « la Deuxième République a réparé en 1848 cette trahison de l'esprit des Lumières ». Évoquant les pertes en vies humaines dont l'Empereur est responsable, il souligne que la France a depuis « placé la valeur de la vie humaine plus haut que tout que ce soit, dans les guerres ou dans les pandémies », une référence à la gestion du Covid-19. Il a enfin condamné son « exercice arbitraire d'un pouvoir solitaire ».

►À lire aussi : Il est 17h49, Napoléon est mort

Le chef de l'État a en revanche rendu hommage à « un stratège, un législateur, un bâtisseur », à « cette part de France qui a conquis le monde ». Il a célébré celui qui « a gravé dans le marbre l'égalité civile entre les hommes avec le Code civil, la protection de la loi pour tous avec le Code pénal ».

« Un homme peut changer le cours de l'Histoire »

Mais a ajouté que l'État avait « poursuivi cette œuvre de progrès en agissant pour l'égalité entre les femmes et les hommes » et en abolissant la peine de mort, alors que Napoléon est critiqué pour avoir inscrit l'infériorité de la femme par rapport à son mari dans le Code civil.

Autre écho à l'actualité, Emmanuel Macron a aussi applaudi celui qui a « apaisé les relations avec les grandes religions, par le Concordat, par le Grand Sanhédrin », une cour suprême juive convoquée par Napoléon au début du XIXe siècle.

Dans une ode à la valeur individuelle qui résonne avec son propre credo politique, il a célébré enfin une vie de « volonté », de « liberté », de « goût du possible », qui « démontre qu'un homme peut changer le cours de l'Histoire », ainsi qu'une « invitation à prendre son risque, faire confiance à l'imagination, être pleinement soi ».

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail