Régionales en France: Emmanuel Macron à la manœuvre en vue de 2022

Emmanuel Macron veut-il pousser à un éclatement de la droite en vue de 2022?
Emmanuel Macron veut-il pousser à un éclatement de la droite en vue de 2022? Ludovic MARIN POOL/AFP

Jusqu'ici timide, la campagne pour les régionales s'accélère. Ce scrutin s'annonce mauvais pour le parti présidentiel, mais Emmanuel Macron est à la manœuvre en vue de 2022. Il veut profiter de l'occasion pour accélérer la recomposition politique et affaiblir la droite. Dans la région PACA, LaREM s'est retirée au profit de Renaud Muselier, entraînant une crise à droite. Et dans les Hauts-de-France, les discussions autour de la candidature du ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti pourraient rebattre les cartes. Tout se passe comme si la campagne présidentielle venait de commencer.

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Plusieurs sources confirment que des discussions sont en cours pour qu’Éric Dupond-Moretti, poids-lourd du gouvernement, soit candidat - sa place sur la liste n'est pas arrêtée - dans les Hauts-de-France aux élections régionales de juin et cela n'aurait rien d'anodin. C'est dans cette région que se présente l'un des principaux adversaires possibles d'Emmanuel Macron à la prochaine présidentielle : Xavier Bertrand, le président sortant, qui a lié son sort pour la campagne présidentielle à sa réélection à la tête de la région.

L'occasion est belle de tenter de lui barrer la route en envoyant sur ses terres le ministre de la Justice, ancien avocat et figure médiatique Éric Dupond-Moretti alors qu'il fait déjà face à une extrême droite forte et à une gauche unie. « C'est une manœuvre politique pathétique, ce n'est pas le rôle du président de la République », s'indigne un député LR de la région.

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Pousser à un éclatement de la droite

En PACA (Provence-Alpes-Côte d'Azur), stratégie différente, mais objectif identique : c'est aussi pour affaiblir la droite qu'Emmanuel Macron a poussé pour une alliance avec le président Les Républicains sortant Renaud Muselier. Après un psychodrame de 48 heures au sein des Républicains, l'accord avec La République en marche semble - en partie – compromis ; mais l'épisode laisse des traces : le maire de Toulon, Hubert Falco, 73 ans, ancien ministre sous Chirac et Sarkozy et interlocuteur régulier de l'actuel chef de l'État, claque la porte des Républicains. Il reproche à son parti de refuser l'union avec le parti présidentiel face à « la menace de l'arrivée au pouvoir du Rassemblement national », parti d'extrême-droite.

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« On assiste à un grand moment de clarification chez Les Républicains », se réjouit un ministre. Édouard Philippe, Bruno Le Maire, Gérald Darmanin ou encore Jean Castex, après avoir débauché plusieurs de ses membres, Emmanuel Macron veut pousser à un éclatement de la droite en vue de 2022. « C'est d'elle que vient le danger pour la prochaine présidentielle, c'est elle que nous devons continuer de fracturer », explique un proche du président. 

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