France: un infirmier sur quatre a envie de changer de métier

Des infirmiers au Centre Cardiologique du Nord à Saint-Denis dans la région parisienne. Le 4 mai 2021.
Des infirmiers au Centre Cardiologique du Nord à Saint-Denis dans la région parisienne. Le 4 mai 2021. REUTERS - BENOIT TESSIER

Après un an de crise sanitaire, 40% des infirmiers et infirmières indiquent que la crise leur a donné envie de changer de métier. C'est ce que dévoilent les résultats d'une grande consultation menée en ligne auprès de plus de 30 000 personnels de santé sur l'avenir de leur profession. Sur RFI, Patrick Chamboredon, président de l'Ordre national des infirmiers, a réagi à cette étude.

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« C’est pour nous assez inquiétant, indique Patrick Chamboredon, le président de l'Ordre national des infirmiers, puisqu’on peut dire que c’est une tendance lourde qui doit être prise en compte, qu’on ne peut pas ignorer car si 40% réellement des infirmiers, qui ont répondu ça, s’arrêtent de travailler, ça va déstabiliser complètement l’offre de soins. Ce que les infirmiers souhaitent, c’est être reconnus déjà pour ce qu’ils font vraiment, pour tous les dépassements de tâches.

Les solutions

« Il faut faire de plus en plus de prévention pour éviter cette pandémie. La prévention marche plutôt bien. Il faut aussi aller plus loin sur le chemin de la vaccination. Il faut aussi penser comme avoir des programmations pendant le confinement qui vont se remettre en place, donc des soins qui vont reprendre pendant les mois d’été, puisque c’est ce qui va arriver comme l’année dernière. Donc, c’est une profession qui est usée, mais qui dit : on pourrait faire plus et travailler mieux et prendre peut-être à notre charge plus de patients ».

Les infirmiers, des invisibles…

« Il faut rappeler les chiffres. Nous sommes 700 000 infirmiers en France, c’est-à-dire que grosso modo, il y a un infirmier pour 1 000 habitants. Oui, je suis très étonné qu’on soit finalement les invisibles sur lesquels, on voit bien, on s’appuie beaucoup, que cela soit à l’hôpital, mais aussi en santé au travail. Des infirmiers en santé au travail voient 17 millions de salariés chaque année. Les infirmiers scolaires voient un million d’enfants chaque année. On voit bien que c’est une profession, un rouage essentiel du système. Donc, effectivement, c’est quelque chose qui était passée complètement sous les radars, qui n’avait peut-être pas de porte-voix. Maintenant, l’ordre existe et fait en sorte de poser ces problématiques-là, de les identifier, et de proposer aux pouvoirs publics justement des évolutions de façon à la rendre visible, mais aussi à lui donner toute la latitude pour répondre aux futurs enjeux de la société, les maladies chroniques, l’évolution des besoins. Penser vers un monde qui va aller vers plus de prévention. Et tout ce qu’on a à l’avenir : l’intelligence artificielle et les prises en charge de villes et hôpitaux qui seront plus fluides », conclut Patrick Chamboredon.

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