France: vive réaction de l'état-major des armées à une nouvelle «tribune de militaires»

Le chef de l'état-major des Armées François Lecointre, ici en novembre 2019.
Le chef de l'état-major des Armées François Lecointre, ici en novembre 2019. AFP/File

Après un premier texte controversé dont certains signataires sont menacés de sanctions, le magazine ultra-conservateur Valeurs Actuelles a publié dimanche une nouvelle tribune de militaires français « pour la survie » du pays, lancée cette fois par des militaires d'active et ouverte aux signatures. Une nouvelle tribune qui a provoqué une vive réaction de l'état-major des armées.

Publicité

Dans ce texte, les signataires appellent les responsables politiques à agir. « Il ne s’agit pas, cette fois, de médiatisation. Il s’agit, écrivent-ils, de la survie de notre pays ». Les auteurs disent être « entrés récemment dans la carrière militaire » et précisent qu'ils ne peuvent pas « réglementairement s'exprimer à visage découvert », mais « qu'au Mali où ils ont combattu, certains y ont laissé des camarades. Ils ont offert leur peau », dénoncent-ils encore, « pour détruire l’islamisme auquel » les autorités « font des concessions sur notre sol ».

« Une grossière manœuvre », a vivement réagi ce lundi matin le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, raillant le manque de courage de gens anonymes.

Un message : Partez !

Du côté de l'état-major des armées, on assure prendre cette nouvelle tribune avec le recul nécessaire, et l'on rappelle fermement que le devoir de réserve des militaires construit la crédibilité des armées.

« Si un militaire ne se sent pas capable d'assumer ce devoir de réserve, il faut qu'il parte », martèle l'état-major, ajoutant  : « On ne peut pas signer une telle tribune et appartenir à une armée fidèle à la République ». « L'apolitisme fait notre crédibilité et la cohésion est ce qui fait notre force », a déclaré lundi à RFI un haut gradé de l'état-major, et de préciser : « On peut avoir des convictions personnelles mais les armées sont d'une fidélité absolue au président élu, elles sont subordonnées au chef des armées. Si on a des états d'âme, il faut quitter l'armée. »

Et le succès de cette tribune ne manque pas d'interroger : ce lundi matin, elle recueillait déjà quelque 109 000 soutiens et avait été lue plus d’un million de fois.

Le service de renseignement interne des armées, la DRSD, a sans succès tenté d’identifier les auteurs du texte. Dans les hautes sphères militaires l’on suppute que ce pourrait être une manipulation venue de l'extérieur. La ministre des Armées Florence Parly a dénoncé « grossière machination politique » qui « utilise toute la rhétorique, le vocabulaire, le ton, les références qui sont celles de l'extrême droite », a-t-elle déclaré sur BFM TV.

À écouter aussi : Tribune de militaires: «C'est l'instrumentalisation politique qui a obligé le gouvernement à intervenir»

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail