France: le pass sanitaire adopté dans la douleur à l'Assemblée

Le ministre de la Santé Olivier Véran devant l'Assemblée nationale à Paris, le 21 juillet 2020.
Le ministre de la Santé Olivier Véran devant l'Assemblée nationale à Paris, le 21 juillet 2020. Alain JOCARD / AFP

Le gouvernement, qui assure voir la « sortie » de la crise du Covid-19, a détaillé le mode d'emploi des réouvertures à partir du 19 mai, mais a subi mardi un revers à l'Assemblée sur le pass sanitaire, finalement adopté dans la douleur.

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L'exécutif a dû demander une seconde délibération nocturne sur le projet de loi de sortie progressive de l'état d'urgence sanitaire. L'article 1er du texte avait été rejeté en fin de journée par l'Assemblée, y compris par les élus MoDem, membres de la majorité mais très critiques sur le « flou » du projet de loi.

L'article incriminé, qui comprend le pass sanitaire, a donc été modifié et validé en toute fin de soirée. En guise de gage aux alliés centristes frondeurs, l'exécutif a accepté d'écourter la période de transition pendant laquelle des restrictions de libertés restent à sa disposition face à la pandémie : du 2 juin à fin septembre, plutôt que fin octobre. Ainsi réécrits, l'article 1er et le projet de loi, voté par 208 voix contre 85, ont été adoptés en première lecture. Le Sénat s'en emparera en séance le 18 mai.

Le pass sanitaire, justificatif de vaccination ou test Covid négatif nécessaires pour accéder à de grands rassemblements, n'a pas été retouché. Il était au coeur des crispations, même si les groupes MoDem ou LR ne sont pas opposés à son principe. Cet outil doit subordonner l'accès des grands rassemblements ou de certains lieux à la présentation d'un résultat négatif de dépistage du virus, ou bien un justificatif de vaccination, ou encore une attestation de rétablissement après une contamination.

« S'il faut trouver des terrains d'équilibre pour arriver à ce que ce texte passe et que nous retrouvions des libertés dans notre pays, nous ferons ces concessions », avait commenté plus tôt le ministre de la Santé Olivier Véran, en déplacement dans un centre de vaccination à Montrouge près de Paris, où il a pris part « en tant que médecin » à des consultations pré-vaccinales.

Ce couac parlementaire intervient au moment où Matignon affiche son optimisme et délivre les modalités d'un retour à une vie plus normale, secteur par secteur. « Évidemment, cette sortie va se faire de façon progressive, prudente et accompagnée. Mais la tendance est claire, nous touchons au but et c'est une bonne nouvelle », a dit Jean Castex au Parisien, alors qu'une partie des experts sanitaires redoute toujours un rebond épidémique.

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