Gisèle Halimi au Panthéon: Emmanuel Macron temporise

Gisèle Halimi en novembre 2003 à Paris.
Gisèle Halimi en novembre 2003 à Paris. AFP/File

En France, faut-il faire entrer au Panthéon Gisèle Halimi, la célèbre avocate féministe, morte l’an passé ? C’est ce que préconise un rapport sur la mémoire et la colonisation et de la guerre d’Algérie remis en janvier au président Emmanuel Macron. Pas sûr pour autant que le chef de l’État la suive, assurent nos confrères de France Inter. Du côté de l'exécutif, on refuse de parler d'un renoncement et on insiste sur la nécessité de prendre son temps.

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Nous n’avons « aucune hésitation, mais [il faut mener] une concertation » pour prendre la « juste décision ». Voilà la mise au point d’un proche d’Emmanuel Macron quant à l’opportunité de faire entrer Gisèle Halimi au Panthéon.

Depuis la remise du rapport de Benjamin Stora, l’Élysée s’y montre plutôt favorable. Parce qu’elle est une « grande figure féminine d’opposition à la guerre », parce qu’elle a défendu les indépendantistes algériens, son entrée au Panthéon serait l’un des gestes qui permettraient de réconcilier les mémoires, comme le souhaite le président français.

Mais cette proposition qui semblait consensuelle n’a pas plu à tout le monde, notamment à un collectif de femmes et de filles de harkis, ces auxiliaires de l’armée française lors de la guerre. Elles estiment que Gisèle Halimi a au cours de sa vie « affiché son mépris des harkis », et qu’« elle n’est pas une femme de réconciliation ».

► À lire aussi : Le rapport Stora sur la guerre d’Algérie «occulte les crimes coloniaux» selon l’ONM

D’où cette temporisation de l’Élysée, où l’on insiste sur la nécessité de « rassembler » plutôt que de diviser. Il faut - dit-on - que tout le monde soit « consulté », « acteurs, témoins ou dépositaires des combats de Gisèle Halimi ».

En clair : c’est un processus qui va prendre du temps, et tant pis pour celles et ceux qui – notamment à gauche - font pression ces dernières heures pour que le président prenne une décision rapide. 

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