France: Éric Dupond-Moretti répond aux attaques du Rassemblement national

Éric Dupond-Moretti, ministre français de la Justice.
Éric Dupond-Moretti, ministre français de la Justice. Ludovic Marin / AFP

Après la publication dans le JDD d'un rapport de police sur l'enquête mettant en cause Marine Le Pen dans l'affaire des emplois fictifs des assistants parlementaires d'eurodéputés RN, le trésorier du parti lepéniste, Wallerand de Saint Just a accusé le ministre de la Justice d'être à l'origine des fuites du rapport. Eric Dupond-Moretti lui a répondu avec véhémence sur BFMTV dimanche soir.

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Le Rassemblement national a dénoncé dimanche une manœuvre politique du pouvoir après la sortie dans le JDD d’un rapport de police synthétisant l’enquête qui vaut à Marine Le Pen d’être mise en examen depuis 2018 pour des soupçons d’emplois fictifs d’assistants d’eurodéputés RN. « Le JDD, organe officiel du pouvoir macroniste, ressort la même sempiternelle affaire des assistants parlementaires, comme à chaque élection », a réagi sur Twitter Marine Le Pen, courroucée de voir cette affaire refaire surface à un mois des élections régionales prévues les 20 et 27 juin. « Rien de neuf sous le soleil, sauf peut-être des bons sondages en vue ? », a-t-elle encore ironisé.

 

Le trésorier du RN, Wallerand de Saint-Just, a directement accusé sur BFMTV le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti d’être à l’origine de la « fuite » du rapport, « un tissu ignoble d’inexactitudes et de calomnies », dénonçant un « viol du secret de l’instruction ».   

« C’est de la politique des caniveaux », a réagi Eric Dupond-Moretti sur BFMTV

« Il y a quelque chose que je déplore, c’est que les procès-verbaux fassent l’objet d’une publication. Marine Le Pen, pour qui je n’ai pas une grande sympathie, est en réalité une justiciable comme tous les autres et le secret de l’enquête cela existe. Et quand je dis ça, je dois aussi constater avec vous qu’elle utilise, qu’elle instrumentalise à son compte finalement cette procédure pour dire quoi : que la police qu’elle soutient tout le temps, à des fins parfois politiciennes aurait obéi au garde des Sceaux. Mais c’est doublement diffamatoire. C’est-à-dire que moi j’aurais appelé la police pour dire “sortez cette affaire” ? La Constitution me l’interdit, je ne l’ai jamais fait. C’est un mensonge, c’est scandaleux. Et moi, je lui demande à me Le Pen et à ses camarades de respecter la police. On nous donne en permanence des leçons, c’est-à-dire que la police, il faut la respecter, sauf quand cela la concerne. Voyez-vous, c’est du caniveau », a déclaré dimanche soir Éric Dupond-Moretti sur BFMTV. 

Une double casquette lourde à porter

Depuis une semaine Éric Dupond-Moretti est entré en campagne pour les régionales dans les Hauts-de-France. Candidat le week-end, ministre de la Justice la semaine... une double casquette lourde à porter au moment où Éric Dupond-Moretti va être en première ligne pour défendre à partir de mardi un texte important : la loi sur la confiance en la justice.

Avec la multiplication des attaques de policiers et des faits divers violents ces dernières semaines, les défaillances de la justice ont souvent été pointées du doigt. C’est dans ce contexte que va débuter l’examen du projet de loi sur la confiance dans l’institution judiciaire, avec Éric Dupond-Moretti au banc des ministres.

Un test parlementaire pour un garde des Sceaux très sollicité qui aurait pu l’occuper à temps plein. Sauf qu’Éric Dupond-Moretti est désormais aussi candidat aux régionales dans les Hauts-de-France. Une campagne dans laquelle il vient de faire irruption en mode bulldozer, suscitant de nombreuses critiques de ses adversaires politiques sur sa capacité à mener de front deux tâches si dévoreuses de temps... 

Pas de problème, répond Éric Dupond-Moretti sur BFMTV : « Vous verrez si je ne suis pas au Parlement pour tenir ce texte qui sort de 36 ans d’exercice professionnel, d’une vraie réflexion. Et puis le week-end, oui, je monte dans le Pas-de-Calais, et dans le Nord. »

Le ministre qui affiche son envie de défendre ses valeurs et de pourfendre le Rassemblement national. Éric Dupond-Moretti fait partie des armes anti-Le Pen déployées par Emmanuel Macron. Un rôle sur mesure.

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