Attentat de la rue Copernic: le seul suspect définitivement renvoyé devant les assises

Hassan Diab, ici, le 17 janvier 2018, est l'unique suspect retrouvé par la justice pour l'attentat de la rue Copernic à Paris. Il est renvoyé devant une cour d'assises spéciale.
Hassan Diab, ici, le 17 janvier 2018, est l'unique suspect retrouvé par la justice pour l'attentat de la rue Copernic à Paris. Il est renvoyé devant une cour d'assises spéciale. Lars Hagberg AFP

Le procès de l'attentat de 1980 contre la synagogue de la rue Copernic, à Paris, aura bien lieu : le seul suspect retrouvé par la justice, Hassan Diab, a vu son ultime recours rejeté mercredi par la Cour de cassation. L'attentat avait fait 4 morts et 46 blessés près d'une synagogue du XVIe arrondissement de Paris.

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Le 3 octobre 1980, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, des personnes étaient tuées en France dans un attentat par l'explosion d'une bombe sur une moto visant la communauté juive à Paris.

Non revendiqué, l'attentat a été attribué par l'enquête au Front populaire de libération de la Palestine-Opérations spéciales (FPLP-OS). Depuis, un seul suspect a été retrouvé : Hassan Diab, un universitaire libano-canadien, identifié en 1999 par les enquêteurs français sur la base de son passeport, retrouvé en 1981 à Rome sur un membre du FPLP-OS.

Extradé du Canada fin 2014, après un long bras de fer judiciaire, et incarcéré en France, il est retourné dans son pays dès le non-lieu prononcé par les juges d'instruction antiterroristes le 12 janvier 2018, faute de preuves suffisantes, mais contre l'avis du parquet. Mais dans un revirement considérable, ce non-lieu a été invalidé trois ans plus tard par la cour d'appel de Paris, le 27 janvier, au grand soulagement des victimes.

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Incertitude

L'incertitude règne toutefois sur la présence au procès de l'universitaire de 67 ans, retourné au Canada dès sa sortie de prison après le non-lieu. Accusé d'avoir posé la bombe, il n'a cessé de clamer son innocence dans ce dossier où des indices contradictoires sont âprement débattus depuis plus de dix ans.

La Cour de cassation, sans se prononcer sur la valeur des charges retenues contre lui – passeport, expertises graphologiques, portraits-robots et renseignements des services –, a donc confirmé mercredi la tenue de son procès devant une cour d'assises spécialement composée pour « assassinats, tentatives d'assassinats et destructions aggravées, en relation avec une entreprise terroriste. »

« Cette décision ne dit rien du fond du dossier, et nous sommes confiants sur le fait que l'innocence d'Hassan Diab sera reconnue », ont réagi les avocats de l'ancien étudiant de Beyrouth. « On est en droit de s'interroger sur une certaine frilosité de la Cour de cassation dans les affaires de terrorisme, a fortiori les plus graves », ont-ils ajouté.

L'avocat de la synagogue et de deux familles de victimes se dit satisfait : « Je me dois d'être satisfait tout en ayant conscience que le dossier n'est pas terminé », a réagi pour Me Bernard Cahen.

Hostilité du Canada

La question de l'extradition va de nouveau se poser et pourrait retarder un audiencement rapide. Le gouvernement canadien actuel y est tout à fait hostile, et « cela va donc  être encore plus compliqué » que pour la première demande d'extradition, qui a couru de 2008 à 2014, a ajouté Me Bernard Cahen.

L'avocat canadien de Hassan Diab a réagi depuis Ottawa, évoquant une parodie de justice malgré des « preuves évidentes de l'innocence d'Hassan ». Il dénonce une « pression politique » dans ce dossier. « Nous demandons au Premier ministre Justin Trudeau de mettre un terme à cette erreur judiciaire », a ajouté Me Don Bayne, dans un communiqué du comité de soutien de Hassan Diab.

L'enquête est l'une des plus anciennes de l'antiterrorisme français.

(Avec AFP)

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