France: la manifestation policière continue de déchirer les gauches

Des policiers venus de toute la France rassemblés devant l'Assemblée nationale à Paris pour protester contre la violence contre eux-mêmes et exiger une plus grande sévérité dans la réponse pénale à leurs agresseurs, à Paris, 19 mai 2021.
Des policiers venus de toute la France rassemblés devant l'Assemblée nationale à Paris pour protester contre la violence contre eux-mêmes et exiger une plus grande sévérité dans la réponse pénale à leurs agresseurs, à Paris, 19 mai 2021. REUTERS - CHRISTIAN HARTMANN

Alors que les partis communiste et socialiste avaient décidé de s'afficher aux côtés des forces de l'ordre durant leur rassemblement mercredi 19 mai, les Insoumis et Europe Écologie-Les Verts ont refusé de s'y rendre. Un obstacle de plus sur la route déjà bien embouteillée de l'union.

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Une « manifestation à visée politicienne » et à tendance « factieuse » : les mots de Jean-Luc Mélenchon, mercredi, ont été très durs à l'encontre du rassemblement des forces de l'ordre. Et ils ont résonné comme autant de gifles pour les représentants de la gauche s'étant rendus devant l'Assemblée nationale.

Premier visé : le patron du Parti socialiste Olivier Faure, qui a évoqué un possible droit de regard de la police sur les décisions de justice. « Une atteinte à la séparation des pouvoirs », ont protesté les Insoumis. Le premier secrétaire du PS a été désavoué jusque dans son parti. La présidente du groupe parlementaire socialiste à l'Assemblée nationale, Valérie Rabault, a estimé que cette déclaration suscitait la « confusion ». Olivier Faure a finalement reconnu « une expression malheureuse » ce jeudi.

À lire aussi : France: devant l'Assemblée nationale, les policiers réclament une justice plus ferme

« Yannick Jadot et Fabien Roussel également critiqués »

Pris également dans le tourbillon des critiques, le candidat putatif des écologistes Yannick Jadot. Sa présence aux côtés des policiers est embarrassante pour Europe Écologie-Les Verts qui avait décidé de ne pas s'afficher officiellement dans le cortège. Mais Yannick Jadot estime qu'il avait la responsabilité d'être là et assume de venir se mesurer à l'extrême droite sur le terrain de la sécurité.

Analyse identique du candidat communiste à la présidentielle. Fabien Roussel a décidé de se positionner sur les sujets sécuritaires, pour, selon lui « parler aux classes populaires » et refuse tout laxisme. Mais il s'agit surtout pour lui de se démarquer de Jean-Luc Mélenchon. Le candidat Insoumis ne décolère pas après le choix du Parti communiste de faire cavalier seul à la présidentielle alors qu'il s'était rangé derrière lui en 2012 et 2017. Fabien Roussel a donc besoin de prouver que sa candidature apporte une tonalité différente. 

Jean-Luc Mélenchon, entre positionnement de principe et stratégie politique

Jean-Luc Mélenchon estime quant à lui suivre le chemin républicain en ne souhaitant pas s'associer aux revendications policières, en particulier l'alourdissement des peines de prison pour les personnes reconnues coupables d'agression contre les forces de l'ordre. Le chef de file des Insoumis a rappelé que des textes de loi existaient déjà en la matière et veut plutôt se concentrer sur l'amélioration des conditions de travail des policiers.

Le débat à gauche sur la question de la sécurité pourrait toutefois être l'occasion pour Jean-Luc Mélenchon de créer de nouvelles fractures. La France insoumise a annoncé ce jeudi l'organisation d'une marche des libertés le 12 juin, destinée à alerter sur la multiplication des thématiques d'extrême droite dans le débat politique, mais aussi sur les violences policières.

Parmi les participants, le syndicat CGT, historiquement proche du Parti communiste, mais aussi la branche jeunesse du PCF. Les Jeunes écologistes seront également présents, alors qu'EELV, comme le PCF et le Parti socialiste, avait refusé de venir à une réunion proposée sur le sujet par les Insoumis au mois de mars.

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