Concert-test d'Indochine à Paris: que la musique est bonne!

Le concert d'Indochine enflamme la foule.
Le concert d'Indochine enflamme la foule. © Edmond Sadaka / RFI

5 000 personnes ont dansé ce samedi 29 mai, en fin de journée sur les tubes du groupe Indochine à l'AccorHotels-Arena de Paris. Un concert exceptionnel compte-tenu du contexte sanitaire, qui s'est déroulé dans le cadre d'une étude scientifique. Les organisateurs, l'AP-HP et le Prodiss (syndicat du spectacle musical et de variété) espèrent prouver qu'on ne court pas plus de risques de contracter le coronavirus quand on va à un concert que dans la vie normale.

Publicité

Sur l'esplanade devant l'AccorHotels-Arena, on reconnaît les participants au concert d'Indochine à leur masque blanc et à leur bonne humeur. « On revit ! » s'exclame Julien, qui travaille dans la restauration. Ce jeune homme de 34 ans, « passionné de concerts », rêvait de retrouver une telle atmosphère depuis plus d'un an. « C'était juste kiffant de pouvoir sentir l'énergie de la foule et des artistes ! »

À ses côtés, son ami Valentin acquiesce et partage sa joie d'avoir eu la chance d'assister au concert. Tous les deux font partie des 5 000 spectateurs tirés au sort parmi une liste de 20 000 volontaires âgés de 18 à 45 ans, ne souffrant d'aucune maladie grave et habitant en Ile-de-France. Autres conditions fixées par les organisateurs : présenter un test négatif réalisé au maximum trois jours avant l'événement, en refaire un le jour même et, donc, porter un masque chirurgical fourni avant d'entrer dans la salle.

Dans le cadre de l'expérimentation, des caméras contrôlaient s'il était correctement utilisé, mais aucun vigile n'était chargé de rappeler à l'ordre les récalcitrants qui ont été apparemment peu nombreux. « Le masque, on l'oublie vite », explique Valentin, pour qui le porter ne l'a absolument pas empêcher de profiter du concert. « On s'y fait ! Comme dans la vie de tous les jours. Quand on prend le train, c'est exactement la même chose. »

Des fans d'Indochine devant l'AccorHotels-Arena pour leur concert, à Paris.
Des fans d'Indochine devant l'AccorHotels-Arena pour leur concert, à Paris. © Edmond Sadaka/RFI

Masques obligatoires, pas de distanciation

Les spectateurs n'ont en revanche pas eu à respecter de distance physique. Dans la fosse, pendant la première partie assurée par le DJ Etienne de Crécy, et tout au long du concert d'Indochine, les 5 000 volontaires chantent, dansent, sautent, applaudissent. Après plus d'un an à se tenir loin des autres, Clémentine a apprécié de se retrouver au milieu de la foule. « J'ai trouvé ça un peu étrange au début. Mais honnêtement, on s'y refait vite ! », explique l'étudiante âgée de 20 ans. « C'était génial ! Ca fait du bien de revoir du monde, de revoir de l'animation alors que tout était à l'arrêt. »

À ré-écouter: Grand reportage: Culture à l'arrêt en temps de Covid. Le monde de l'art ne baisse pas les bras

Sur scène, Nicola Sirkis, le chanteur du groupe Indochine qui fête cette année ses 40 ans d'existence, est visiblement aux anges, lui-aussi, de renouer avec le live. Le groupe enchaîne les classiques : « L'aventurier », « 3e sexe », « J'ai demandé à la lune », « Trois nuits par semaine », etc. Les vrais fans sont ravis ; les autres ne boudent pas leur plaisir. Mais pour certains, l'essentiel ne réside pas dans la qualité de la musique ou la performance artistique, mais dans l'aspect scientifique de ce concert-test. Joyce, avocat de 32 ans, est venu pour « l'intérêt général ». Selon lui, il faut que les concerts reprennent, « pour le monde de la musique et pour tout le monde. Les gens attendent ça. Bientôt un an et demi de restrictions, ça commence à peser lourd ! »

Trois tests

Tous les participants devront se refaire tester dans une semaine. S'il y a des cas positifs, les médecins s'efforceront de remonter la chaîne de transmission pour savoir si la personne a été contaminée au concert ou pas. Les résultats seront comparés à ceux d'un groupe de 2 500 personnes, sélectionnées pour rester chez elles. Ce groupe de contrôle permettra d'étudier en miroir la circulation normale du virus. L'hypothèse des organisateurs de ce concert-test est qu'il n'y a pas plus de risques d'attraper le Covid-19 lors d'une manifestation culturelle qu'ailleurs, à condition toutefois de respecter certaines mesures sanitaires.

Les premiers résultats de cette étude parisienne seront dévoilés fin juin. Ils devraient aider le gouvernement à affiner les protocoles pour les festivals de l'été (assis ou debout avec une limite d'une personne tous les 4 m2) et à définir les conditions d'un retour à l'automne prochain des concerts debout, interdits depuis plus d'un an. D'autres expériences du même genre ont déjà eu lieu ailleurs en Europe, à Barcelone, Amsterdam, Liverpool et Berlin notamment. Leurs conclusions sont plus que rassurantes.  

►À ré-écouter: Rendez-vous culture: France-coronavirus: la réouverture des lieux culturels

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail