France: un «bug» du logiciel à l'origine de la panne des appels d'urgence, selon Orange

Selon l'enquete interne du géant français des télécommunications, Orange, un bif informatique serait à l'origine de la panne des numéros d'urgence survenue le 2 juin 2021.
Selon l'enquete interne du géant français des télécommunications, Orange, un bif informatique serait à l'origine de la panne des numéros d'urgence survenue le 2 juin 2021. AFP - LIONEL BONAVENTURE

Le 15, le 17, le 18 et le 112 : le 2 juin de 16h45 à minuit, les quatre numéros d'urgences en France ont été inaccessibles pendant douze heures. Résultat : 11 800 appels n'ont jamais abouti, soit 11% du total, et au moins 5 personnes dont un enfant de deux ans sont décédés faute d'avoir été pris en charge. Orange publie samedi 12 juin son rapport d'enquète sur l'incident : le coupable n'était qu'un bug informatique.

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C'est le logiciel du centre d'appel qui a mal fonctionné. Concrètement, Orange fonctionne aujourd'hui avec deux réseaux : d'un côté, le RTC ou réseau téléphonique commuté qui sert aux téléphones fixes et qui devrait bientôt disparaître ; de l'autre, le réseau IP qui passe par internet. Ce qui a dysfonctionné jeudi dernier, c'est la plateforme qui fait le lien entre les deux. 

Orange a préféré taire le nom de l'entreprise chargée de fournir le logiciel. L'enquête interne continue tout de même pour déterminer précisément sa responsabilité dans la panne.

Augmentation du nombre d'appels via internet

C'est que cette panne ne vient pas de nulle part. Depuis mai, Orange fait des opérations pour augmenter le nombre d'appels qui peuvent être traités justement en laissant plus de place au réseau par internet.

Il faut dire qu'en 2020, les numéros d'urgence ont été beaucoup plus appelés. Il suffit de voir les chiffres de cette demi-journée de panne : en 12 heures, pas moins de 107 000 personnes les ont appelés.

► À lire aussi : La panne des numéros d'urgence en France pourrait être à l'origine de plusieurs décès

Piste d'une cyber-attaque écartée

L'enquête d'Orange est distincte de l'audit « de contrôle de la sécurité et de l'intégrité » du réseau et des services d'Orange demandé par le gouvernement, et piloté par l'Agence nationale de sécurité des systèmes d'information (Anssi). Ses conclusions sont attendues dans un délai de deux mois.

Guillaume Poupard, le directeur général de l'Anssi, avait toutefois déjà indiqué jeudi qu'une panne technique et non une cyber-attaque était à l'origine de la défaillance des numéros d'urgence. La piste d'une cyber-attaque a été « écartée dès le 2 juin », a rappelé vendredi Orange.

Stéphane Richard attendu à l'Assemblée

La panne avait provoqué de vives réactions politiques, et renouvelé le débat sur le système des numéros d'urgence, dont certains acteurs veulent la fusion, sans qu'on sache si une telle fusion aurait vraiment permis de résoudre la panne plus rapidement.

Les autorités avaient mis en place des numéros alternatifs à 10 chiffres pour joindre les secours, des numéros qu'il fallait trouver sur internet et sur les réseaux sociaux.

Le PDG d'Orange Stéphane Richard, qui avait présenté des excuses publiques juste après l'incident, doit par ailleurs être auditionné mercredi 16 juin par la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale.

À ce jour, cinq décès suspects ont été constatés dans le Morbihan, en Haute-Saône, en Vendée, sur l'île de la Réunion, et dans les Bouches-du-Rhône.

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