Militant de la fin de vie digne, Alain Cocq est mort par suicide assisté en Suisse

Alain Cocq, 58 ans, à son domicile à Dijon.
Alain Cocq, 58 ans, à son domicile à Dijon. RFI/Maud Charlet

Il était atteint d’une maladie incurable, voulait qu’on l’aide à mourir et il avait interpellé Emmanuel Macron en août dernier sur le sujet de la fin de vie. Alain Cocq est mort ce mardi par suicide assisté. Pas en France où c’est interdit, mais en Suisse. 

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C’est par un message qu’il avait lui-même rédigé qu’Alain Cocq a fait part de sa mort. Une lettre ouverte diffusée par ses soutiens et adressée au président de la République, au gouvernement et aux parlementaires. « Je tiens à vous informer, par la présente, écrit-il, de mon décès dans la dignité, dans le cadre d’une procédure de suicide assisté en Suisse. » 

Cette lettre est donc son dernier acte de militant. Âgé de 58 ans et atteint d’une maladie génétique rare, qui s’aggravait et le faisait souffrir, Alain Cocq avait demandé en août 2020 à Emmanuel Macron d'autoriser le corps médical à lui prescrire un barbiturique puissant pour lui permettre de « partir en paix ».

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Le président de la République avait refusé, ne pouvant pas « demander à quiconque d’outrepasser le cadre légal actuel ». Alain Cocq avait alors tenté à deux reprises de se laisser mourir, en cessant l’alimentation, l’hydratation et la plupart des traitements. Il avait renoncé face à des douleurs insoutenables. Il avait alors annoncé son intention de se rendre en Suisse où le suicide assisté est légal. Une association, dont il avait tu le nom, lui avait offert de financer les « 8 000 à 10 000 euros » nécessaires.

Comme d’autres, tels Vincent Lambert, Alain Cocq était devenu un visage et un symbole du débat difficile sur la fin de vie en France.

L'examen d'une proposition de loi créant un droit à l'euthanasie n'avait pas pu aller à son terme en avril dernier en raison d'un trop grand nombre d'amendements.

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