Procès Bygmalion: «Est-ce que je signais les chèques? Non», se défend Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy au palais de justice de Paris, le 15 juin 2021.
Nicolas Sarkozy au palais de justice de Paris, le 15 juin 2021. REUTERS - PASCAL ROSSIGNOL

Ce mardi 15 juin, Nicolas Sarkozy était interrogé comme prévenu pendant de longues heures par le tribunal de Paris dans le procès des comptes de campagne. L'ancien président a redit avec véhémence qu'il ne s'occupait ni du coût ni de l'organisation de ses meetings et qu'il n'était pas donc au courant des dépenses.

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Avec notre envoyé spécial au palais de justice de Paris, Pierre Olivier

À entendre Nicolas Sarkozy, sa campagne de 2012 n'était pas plus clinquante que celle de François Hollande ou  de Marine Le Pen cette même année. « On n'y mangeait pas du caviar », peste-t-il, se tournant vers l'assistance : « Elle est où, la campagne en or massif ? » Elle a pourtant coûté 43 millions d'euros, dépassant de 20 millions les plafonds autorisés par la loi. 

La présidente du tribunal le cuisine, lui demande si l'organisation des meetings était de son ressort, s'il avait conscience des coûts. Nicolas Sarkozy se défend avec force : « J'avais des gens pour ça », s'offusque-t-il, et enchaîne, s'adressant à la cour : « Vous madame, vous êtes bien présidente du tribunal, vous ne savez pas combien a coûté cette salle d'audience ».

« À l'époque, explique-t-il, je suis encore président de la République, je rentre à pas d'heure, je n'ai pas de temps à perdre avec l'organisation des meetings. Je ne sais même pas à quoi ressemble les cartons d'invitation. Mon rôle, c'était la stratégie politique. » Pour ses meetings, Nicolas Sarkozy l'assure, il avait deux préoccupations : avoir une bonne sonorisation pour éviter de « casser la voix comme Patrick Bruel », ironise-t-il. La seconde, c'était de ne pas avoir l'air blafard et d'être toujours bien éclairé.

Une campagne pas plus fastueuse d'après lui que celle de 2007 qui n'avait donc aucune raison de l'inquiéter sur le montant des dépenses. Il abonde : « la campagne de 2012 a coûté un peu plus cher que celle de 2007, mais pas le double. Il faut se demander où est parti l'argent et qui s'est enrichi. En tout cas, ce n'est pas moi. »

C'est aussi sur les deux notes d'alerte transmises au candidat par ses experts-comptables que l'interrogatoire porte. Eux assurent avoir prévenu Nicolas Sarkozy de l'envolée des dépenses. Il rétorque qu'il n'a jamais vu la première note et qu'il a réagi à la seconde, demandant à son équipe de faire attention aux coûts.

Électrisé par plus de cinq heures d'interrogatoire, Nicolas Sarkozy conclut : « est-ce que je suis celui qui demandait les devis ? Non. Est-ce que je suis celui qui signait les chèques ? Non. Je n'ai donc pas de responsabilités pénales. »

L'ancien président est accusé de financement illégal de campagne électorale en ayant laissé les dépenses de sa campagne présidentielle de 2012 s'envoler au-dessus des plafonds autorisés par la loi. Il encourt un an de prison et 3 750 euros d'amende pour financement de campagne électorale.

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