Régionales en France: le front républicain est-il mort?

Marine Le Pen sur le marché de Luneville en compagnie de  Laurent Jacobelli, le candidat Rassemblement national dans le Grand Est, le 8 juin 2021.
Marine Le Pen sur le marché de Luneville en compagnie de Laurent Jacobelli, le candidat Rassemblement national dans le Grand Est, le 8 juin 2021. AFP - JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

À en croire les sondages, le Rassemblement national (ex-FN) pourrait arriver en tête dans plusieurs régions au soir du premier tour des élections régionales et être en mesure de l’emporter dans une ou plusieurs d'entre elles le dimanche 27 juin, notamment en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Une question se posera alors : le front républicain fonctionnera-t-il, comme la dernière fois, pour faire barrage à l'extrême droite ?

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Jusque-là, le front républicain était l'arme fatale contre le RN. Le principe est simple : lorsque le parti de Marine Le Pen est en position de gagner, le ou les candidats en 3e, 4e, 5e position –  mais en capacité de se maintenir – se retirent sans condition et demandent à leurs électeurs de voter contre l’extrême droite.

C’est ce qui c’était passé en 2015 en Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca). Face à une Marion Maréchal Le Pen en passe de l’emporter, la gauche emmenée par Christophe Castaner s’était retirée. « Nous devons tout faire pour faire barrage au FN, car ce n’est pas un parti classique. Bien évidemment, je prends une décision lourde et difficile en me retirant de cette élection et j’appelle à faire barrage au Front national », avait déclaré, au soir du premier tour, la tête de liste socialiste. 

En 2015, le scénario avait été le même dans les Hauts-de-France. À chaque fois, le front républicain avait fonctionné : Xavier Bertrand l'avait emporté face à Marine Le Pen et Christian Estrosi face à Marion Maréchal Le Pen. En 2015, le RN n'avait gagné aucune région malgré de très bons scores au premier tour.

Faire front n'est pas une évidence

À gauche, la question pourrait se poser dans les Hauts-de-France et en Paca. Pour le patron d’Europe Écologie-Les Verts (EELV), il est encore trop tôt pour se prononcer, mais il apparaît clairement que le front républicain s’imposera.  « Vous pouvez compter sur les écologistes pour faire tout pour que l'extrême droite ne remporte pas des régions ». 

C'est moins clair à la gauche de la gauche. À la tête d'une liste mêlant insoumis et communiste, Sébastien Jumel (député PCF) laisse entendre que « faire front », « se retirer » ne sera pas une évidence. « Faire front, c'est travailler à une alternative partout où on peut [...] Je ne suis pas de ceux qui tombent dans le piège tendu par le macronisme ».

Le front républicain est-il mort ?

« Le front quoi ? », s’amuse la tête de liste RN dans les Hauts-de-France, Sébastien Chenu, qui l’assure : « Sur le terrain, le front républicain ne fonctionne plus ».

À gauche effectivement, on constate que les électeurs en ont marre de voter contre. Même sentiment chez les marcheurs qui aimeraient réinventer le front républicain. Stratège de l’Élysée, l’eurodéputé LaREM Stéphane Séjourné propose que les têtes de liste arrivées premières intègrent des candidats d’opposition sur leur liste de second tour en échange d’un retrait. Impossible, a, par exemple, répondu Xavier Bertrand qui l’assure : sa liste de premier tour sera identique à sa liste de second tour. 

► À lire aussi : Régionales en Paca: la région sur un plateau pour le RN ?

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