Racisme, antisémitisme: la normalisation du RN de Marine Le Pen à l'épreuve des régionales

LE Rassemblement national dans les Hauts-de-France pour soutenir la candidature de Sébastien Chenu, le 15 mai 2021.
LE Rassemblement national dans les Hauts-de-France pour soutenir la candidature de Sébastien Chenu, le 15 mai 2021. AFP - DENIS CHARLET

À en croire les sondages, le Rassemblement national pourrait arriver en tête dans plusieurs régions françaises. Le parti de Marine Le Pen a retiré l'investiture à plusieurs candidats qui avaient tenu des propos racistes ou antisémites. De quoi questionner la normalisation du parti revendiquée par la candidate à la présidentielle.

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Juliette Planche, en Auvergne-Rhône-Alpes, suspendue pour avoir relayé des propos négationnistes. Danièle Delavaud, en Corrèze, désinvestie après des formules islamophobes. Ou encore Geneviève Veslin, en Creuse, rayée de la liste départementale pour des publications antisémites sur les réseaux sociaux. Ces dernières semaines, le RN a dû retirer l'investiture à plusieurs de ses candidats. Combien ? Difficile à dire, car le RN n'en fait pas la publicité.

Et pour cause : depuis dix ans qu'elle est à sa tête, Marine Le Pen œuvre à une normalisation du parti. En quête de dédiabolisation, elle avait été jusqu’à en exclure son propre père et ancien président du mouvement, Jean-Marie Le Pen, pour ses propos réitérés sur la Shoah.

Des collaborateurs embarrassants

Questionnée début juin sur le profil des candidats désinvestis aux régionales et aux départementales, Marine Le Pen avait répondu : « Des brebis galeuses, il y en a partout », avant de rappeler que le RN demande à chacun des prétendants à l'investiture un extrait de casier judiciaire. Insuffisant. Plusieurs candidats condamnés pour violences conjugales ou agression sexuelle sur mineurs sont bien présents sur les listes.

Sans compter quelques profils gênants dans l'entourage des candidats. Comme l’ancien identitaire Philippe Vardon, actuellement le codirecteur de campagne du candidat RN en Paca Thierry Mariani. Un profil que les adversaires du RN ont régulièrement rappelé pendant la campagne. Par ailleurs, d’après le site Politico, la tête de liste RN dans les Hauts-de-France, Sébastien Chenu a lui employé comme community manager l'ex-porte-parole de Génération identitaire (GI), groupuscule d'ultradroite aujourd’hui dissout. Deux têtes de liste RN venues de la droite et censées incarner la normalisation.

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