France: les internes en médecine manifestent pour ne pas dépasser «48 heures par semaine»

Une centaine de personnes ont manifesté samedi à Paris pour réclamer la limitation du travail des internes en médecine à 48 heures par semaine et pour dénoncer leur épuisement professionnel (image d'illustration).
Une centaine de personnes ont manifesté samedi à Paris pour réclamer la limitation du travail des internes en médecine à 48 heures par semaine et pour dénoncer leur épuisement professionnel (image d'illustration). AFP/Archives

Une centaine de personnes ont manifesté samedi 19 juin à Paris pour réclamer la limitation du travail des internes en médecine à 48 heures par semaine et pour dénoncer leur épuisement professionnel.

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Vêtus de blouses blanches, les manifestants se sont élancés vers 14h00 de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière vers le ministère de la Santé, à l'appel de l'Intersyndicale nationale des internes (Isni). Certains portaient des autocollants « 48 heures de grève pour 48 heures par semaine. Décompte horaire », ou des pancartes « 48h internes épuisés, patients en danger ! ».

« On fait 48 heures de grève, car c'est la limite hebdomadaire de travail dans la loi. Après cette limite, ça devient dangereux pour les soignants, pouvant entraîner des burn-out, des dépressions. On est aussi dangereux pour les patients. On tient à peine debout, impossible de faire des gestes techniques », a expliqué à l'AFP Gaétan Casanova, président de l'Isni, dénonçant « l'épuisement professionnel ».

Il y a des gestes que j'ai mal réalisés parce que j'étais trop fatiguée...

Olivia, interne en anésthésie à l'hôpital APHP Saint-Louis à Paris

« Mon record, c'était 92 heures »

« Je travaille énormément, souvent beaucoup plus que 48 heures par semaine. Quand j'étais aux urgences pédiatriques, mon record, c'était 92 heures », a raconté à l'AFP Pauline, 28 ans, interne à Lille. « Lors d'une garde un dimanche à 5 heures du matin, j'ai été réveillée alors que je venais de me coucher 30 minutes avant. Je n'avais pas les yeux en face des trous. Un enfant est venu pour des vomissements, j'ai pensé à une gastro et je n'ai pas vu les autres symptômes, alors qu'il avait en réalité une hépatite aiguë. C'est à ce moment que je me suis rendue compte que je pouvais être dangereuse. C'est la preuve que quand vous travaillez pendant 22 heures, vous êtes un zombie. »

« Je veux que la situation des internes en médecine s'améliore. J'ai une fille qui s'est suicidée en prenant des médicaments suite à un épuisement professionnel », a témoigné Laurence Marbach, qui a fondé l'association Lipseim (Ligue pour la santé des étudiants et internes en médecine) pour faire de la prévention.

Les manifestants entendaient aussi dénoncer « la pression, avec des assignations abusives et du chantage des chefs par rapport aux diplômes », a expliqué Gaétan Casanova. « Certains professeurs outrepassent leurs droits en demandant tout et n'importe quoi. Il y a une très grosse pression », a renchéri Carole Decaester, dont le fils Laurent s'est suicidé à 30 ans, après dix ans d'études de médecine.

(Avec AFP)  

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