«Respect aux livreurs»: à Paris, des livreurs à vélo dénoncent le racisme à leur encontre

Des livreurs à vélo de différentes plateformes numériques se sont rassemblés à Paris, vendredi 18 juin, pour protester contre les paroles et actes racistes qu'ils rencontrent durant leur travail.
Des livreurs à vélo de différentes plateformes numériques se sont rassemblés à Paris, vendredi 18 juin, pour protester contre les paroles et actes racistes qu'ils rencontrent durant leur travail. AFP

À l'appel du Collectif des livreurs autonomes de plateformes, des centaines de livreurs, en majorité originaire d'Afrique sub-saharienne, ont manifesté place de la République vendredi 18 juin pour dénoncer le manque de respect et le racisme dont ils font l'objet dans le cadre de leur travail. Ils réclament plus de considération de la part des plateformes, des restaurateurs et des clients.

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« Respect aux livreurs » : une cinquantaine de coursiers, majoritairement noirs, se sont rassemblés contre les discriminations vendredi après-midi à Paris, à l'appel du collectif des livreurs parisiens autonomes de plateformes (Clap). « Stop insultes, agressions, racisme, mépris, dévalorisation » : ont-ils clamé, munis de leurs sacs glacières de différentes marques de plateformes.

Reportage place de la République

« On est là parce qu'on ne nous respecte pas assez, notamment les clients », dénonce Bah, sans-papiers, coursier depuis trois ans, se disant victime d'incivilités de la part de consommateurs.

« Ca suffit sale noir », « sale mec faible monte ma commande, tu es payé pour ça » : de nombreux livreurs, souvent sans-papiers, présents au rassemblement, ont témoigné avoir subi des actes de racisme ou d'incivilités.

« Des clients et des restaurateurs nous prennent pour des sous-hommes. Au XXIe siècle, on ne peut pas traiter comme ça un être humain alors qu'il rend service », s'indigne Ernest, coursier Uber, au micro.

Le mois dernier, un livreur noir a été agressé et a reçu des injures racistes alors qu'il attendait une commande devant un restaurant à Cergy-Pontoise (Val-d'Oise). Son agresseur présumé sera jugé le 8 juillet en correctionnelle pour « violences volontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à huit jours, à raison de l'appartenance à une ethnie, nation, race ou religion ».

« Une agression, c'est un acte isolé. Trois en dix jours ça devient une norme qu'il faut combattre. La plateforme se désolidarise du racisme des clients mais elle organise la dévalorisation des travailleurs », dénonce Jérôme Pimot, porte-parole du Clap, après deux autres agressions rapportées à Laval et Paris.

Les livreurs demandent notamment plus de respect de la part des clients et des restaurateurs, même si « beaucoup pensent que les manifestations pacifiques, ça ne sert à rien et qu'il faut bloquer les restaurants » fautifs, rapporte Djessy Henry, coursier à vélo.

Interrogé par l'AFP, Uber a dit ne « tolér(er) aucune discrimination envers les livreurs, restaurants ou clients, que cela soit en raison de leur origine, de leur religion, de leur couleur de peau, de leur pays d'origine, de leur origine ethnique ou tout autre facteur de discrimination ». Un « bouton anti-discrimination » va être mis rapidement en place dans l'application Uber Eats, comme cela est déjà le cas sur l'application Uber (VTC), a précisé l'entreprise. « Les livreurs pouvaient déjà nous signaler tout propos ou agression à caractère raciste sur l'application. La mise en place du bouton facilite le signalement en rendant cette fonctionnalité plus visible », a-t-elle expliqué.

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