France: la réforme des retraites suscite le malaise chez les députés

Le ministre français de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, ici au Forum financier international Europlace de Paris, à Paris le 29 juin 2021.
Le ministre français de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, ici au Forum financier international Europlace de Paris, à Paris le 29 juin 2021. AFP - ERIC PIERMONT

« Il ne faut pas remettre à demain ce qu’on peut faire aujourd’hui. » Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a reposé sur la table ce mardi 29 juin la réforme des retraites, une nécessité selon lui, et qu’il serait bon de réaliser d’ici l’élection présidentielle. Un avis que partagerait Emmanuel Macron avec la piste d'un recul de l'âge de la retraite à 64 ans. Mais le sujet suscite agacement et réticence chez les députés. Reportage à l’Assemblée nationale.

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« C’est de la communication pure. » Pas convaincu, Damien Abad. Si le patron des députés Les Républicains est favorable au recul de l’âge de la retraite évoqué par Bruno Le Maire, le calendrier en revanche lui déplaît : « On ne va pas faire une réforme des retraites six mois avant le premier tour de la présidentielle. Ça fait trois ans que cette réforme aurait dû avoir lieu. C’est juste fait pour emmerder la droite. Non. Plus personne n’y croit. »

Pour le député Insoumis Éric Coquerel, il s’agit surtout d’un exercice de diversion de la part du gouvernement. « Ce gouvernement vient de prendre une gifle aux élections, explique-t-il, et qu’est-ce qu’il s’apprête à faire, alors que les Français sont en pleine épidémie de Covid : c’est de remettre de la tension dans le pays avec la réforme des retraites quelques mois avant 2022. Vous voyez bien que tout ça n’a pas de sens. »

Une question de principe

Mais pour le député La République en marche Sylvain Maillard, mener cette réforme, c’est avant tout une question de principe : « Comment peut-on expliquer à des Français que parce que nous aurions peur éventuellement des mécontentements, nous ne réformerions pas un système qui est voué à ne plus pouvoir perdurer. Non, très clairement, il faut réformer ce système, maintenant. Et le périmètre et la temporalité, il faudra en discuter. » 

Car le calendrier de Bruno Le Maire ne fait pas l’unanimité au sein de la majorité. Emmanuel Macron devrait trancher dans les prochaines semaines.

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