Affaire Adama Traoré: les juges d’instruction ordonnent un complément d’expertise médicale

Adama Traoré, alors âgé de 24 ans, est décédé peu de temps après son interpellation par des gendarmes, à Beaumont-sur-Oise, en banlieue parisienne.
Adama Traoré, alors âgé de 24 ans, est décédé peu de temps après son interpellation par des gendarmes, à Beaumont-sur-Oise, en banlieue parisienne. DOMINIQUE FAGET / AFP

En France, du nouveau dans l'affaire Adama Traoré: les juges d'instruction ordonnent un complément d'expertise médicale. Les proches du jeune homme, décédé peu de temps après son interpellation par des gendarmes, à Beaumont-sur-Oise, en banlieue parisienne, ont marqué ce samedi 17 juillet le cinquième anniversaire de sa mort. En cinq ans, cette affaire, érigée en symbole des violences policières et du racisme, s'est transformée en bataille d'experts, pour déterminer la cause exacte du décès d'Adama Traoré, alors âgé de 24 ans.

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Les enquêteurs disposent en effet de nouveaux éléments: un témoin direct, une connaissance de longue date d'Adama Traoré le décrit peu de temps avant son interpellation comme inhabituellement essoufflé et un peu hébété. Le jeune homme venait d'échapper à une première tentative d'arrestation.

L’affaire dispose aussi d’une nouvelle pièce: un arrêt de travail de deux semaines, remontant à 2014. Le motif n'est pas précisé, mais selon une conseillère de Pôle emploi, la victime a été réorientée professionnellement en raison de risques de malaises.

Aucune autre des quinze personnes ayant travaillé avec lui n'a confirmé ces déclarations.

Aux juges de trancher entre des expertises contradictoires

Ces éléments ont été transmis aux experts belges, saisis en 2020 pour trancher la bataille d'expertises contradictoires. À eux, de dire s'ils pourraient venir modifier les conclusions de leur rapport. Selon eux, le jeune homme a souffert d'un coup de chaud, en ce jour de canicule, mais qui n'aurait probablement pas été mortel s'il n'avait pas reçu le poids de trois gendarmes, alors qu'il était plaqué au sol.

La défense de la famille Traoré dénonce la priorité faite aux éléments qui viendraient dédouaner les militaires. Une colère nourrit par l'ajout à la procédure des dossiers administratifs des trois gendarmes. Il apparaît qu'en 2019, ils ont bénéficié, pour l'interpellation d'Adama Traoré, d'une récompense pour services exceptionnels.

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