France: le bruit, une pollution qui coûte plus de 150 milliards

Des embouteillages sur le périphérique parisien.
Des embouteillages sur le périphérique parisien. Getty Images/Martial Colomb

En France, le coût social du bruit représente 155,7 milliards d'euros, selon une étude de l’Agence de la transition écologique (Ademe) et du Conseil national du bruit, parue le 22 juillet. Un chiffre en nette augmentation.

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En France, le coût social du bruit représente 155,7 milliards d'euros, soit 100 milliards de plus qu'en 2016, selon l'Agence de la transition écologique (Ademe). Ce chiffre représente en fait les coûts sanitaires et les coûts non-marchands engendrés par la pollution sonore. Il inclut par exemple les coûts médicaux pour les personnes qui développent des pathologies liées à une exposition trop fréquente aux nuisances sonores, mais calcule aussi la perte de bien-être liée à ses nuisances.

Une hausse en partie liée à des évolutions méthodologiques, mais qui reste malgré tout significative. « Il y a forcément aussi un écart qui est lié à une part d’augmentation des personnes exposées en dehors de ces questions méthodologiques. Donc, il y a quand même bien une dégradation de la situation qu’il faut avoir en tête, même si ce n’est pas plus de 100 milliards. On estime à 17 millions le nombre de personnes qui ressentent une forte gêne en raison du bruit avec des impacts plus ou moins forts sur la santé », explique Johan Ransquin, directeur de l'Ademe.

Le bruit, deuxième danger sanitaire environnemental après la pollution de l’air

Première source de nuisance : le bruit des transports et surtout le trafic routier. « Ce sont les transports qui représentent les deux tiers du coût, environ 100 milliards, dont plus de la moitié pour le trafic routier, c’est logique. Tout cela donne vraiment des ordres de grandeur qui sont extrêmement intéressants, pour être capable de quantifier ce problème-là et se rendre compte que ce n’est quand même pas rien », rajoute-t-il.

Le bruit constitue, d'après l'OMS, le deuxième facteur environnemental provoquant le plus de dommages sanitaires en Europe, juste derrière la pollution de l'air, responsable par exemple de 40 000 décès prématurés par an en France

L'étude ne s'arrête pas à ce constat et propose différentes recommandations pour réduire la pollution sonore, notamment des aménagements acoustiques dans les villes comme des revêtements de chaussée acoustique ou des murs antibruit. Ces revêtements sont d'ailleurs expérimentés dans certaines zones de Paris.

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