Emmanuel Macron attendu pour son premier déplacement en Polynésie française

Le président français Emmanuel Macron
Le président français Emmanuel Macron Daniel Cole POOL/AFP/File

Emmanuel Macron se rend ce dimanche à Papeete pour un déplacement de quatre jours en Polynésie. Lors de cette visite, le président français est attendu sur de nombreux dossiers, tels que le nucléaire ou le Covid-19.

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Avec notre envoyé spécial à Papeete, Julien Chavanne

L’Élysée le présente comme une nouvelle étape du tour de France entamé par Emmanuel Macron. À huit mois de la présidentielle, le chef de l’État vient prendre le pouls du pays à 16 000 kilomètres de Paris.  

Mais derrière les images de cartes postales, Emmanuel Macron va retrouver le boulet du Covid-19. Les Polynésiens hésitent face au vaccin plus qu’ailleurs. Seul un tiers de la population a reçu une première dose, soit presque deux fois moins qu'en métropole. Dès sa sortie d’avion, le chef de l’État ira d’ailleurs visiter l’unité Covid du centre hospitalier polynésien avec un message : « Vaccinez-vous ! » 

Emmanuel Macron aura toutefois l’occasion de s’échapper de la crise sanitaire en se rendant aux îles Marquises – première fois qu’un président français y posera le pied. 

Le dossier brûlant des essais nucléaires

Mais c'est sur le sujet du nucléaire que le président est vivement attendu par les Polynésiens. Sur ce dossier sensible des conséquences des essais nucléaires de 1966 à 1996 (193 bombes nucléaires ont explosé dans la région), Emmanuel Macron devrait faire des annonces sur l’ouverture des archives et sur les indemnisations des victimes. Mais pas d’excuses comme le réclame une partie de la population. 

Sur place, la population est partagée entre indifférence, colère et attente dans le dossier douloureux des essais nucléaires. « Pourquoi il a attendu aussi longtemps ? Il est presque à la fin de son investiture. C’est maintenant qu’il se rend compte que la Polynésie est là ! », s'indigne Mariné, vendeuse de bracelets de coquillages au marché couvert de Papeete. Elle espère qu’Emmanuel Macron ouvrira sans trembler la page sombre des essais nucléaires : « Est-ce que la France va reconnaître son implication. Je dis impliquer, parce que c’est quand même une arme de guerre. »

Perahri attend aussi un geste fort, sans trop d’espoir. Pendant des années, il a été manutentionnaire dans une zone exposée aux retombées toxiques : « Moi j’aurais aimé qu’il nous fasse des excuses, mais je ne pense pas qu’il va le faire ».

« Une opération de com' »

À l’étage du marché, dans sa bijouterie, Maria, elle, est plutôt préoccupée par ses chiffres de vente. La pandémie et la chute du tourisme ont vidé sa boutique : « Avant le Covid, j’avais à peu près 50 clients. Et maintenant en fait, j’ai cinq clients. Des fois même, je n’ai pas de clients du tout dans la semaine ».

Le député de la troisième circonscription de Tahiti, Moetai Brotherson, ne se fait guère d'illusion. Pour lui, il n'y a pas grand-chose à attendre du déplacement présidentiel. 

Je pense que c’est une opération de communication qui est lancée dans le cadre de la présidentielle

Moetai Brotherson, député de Tahiti

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