France: mutinerie et tensions dans un centre de rétention près de Roissy

Un agent de police devant le centre de rétention de Mesnil-Amelot en Île-de-France, le 16 septembre 2020 (Image d'illustration).
Un agent de police devant le centre de rétention de Mesnil-Amelot en Île-de-France, le 16 septembre 2020 (Image d'illustration). © GEOFFROY VAN DER HASSELT/AFP

En Seine-et-Marne, une « mutinerie » a éclaté dans la nuit de mercredi 28 au jeudi 29 juillet au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot. C'est dans ces centres que sont enfermés les étrangers en attente d'être expulsés du sol français. Parmi les 155 retenus, trois se sont échappées du centre, situé à quelques pas de l'aéroport de Roissy. La situation y était tendue depuis plusieurs jours déjà.

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À la base du soulèvement, des tests PCR. Le problème, c'est qu'en refusant de faire ces tests, les retenus ne peuvent pas prendre l'avion, et donc ne sont pas expulsés.

Marion Beaufils, responsable de la Cimade Île-de-France, une association d'aide aux réfugiés, explique qu'avec ces refus un cercle vicieux s'est installé pouvant aller jusqu'à des séjours en prison. Les autorités « considèrent qu'ils n'ont pas fait de test PCR uniquement pour ne pas avoir à prendre l'avion. Mais refuser un test PCR n'est pas une obstruction à une expulsion. C'est un acte médical donc ça doit être consenti. Et c'est tout. Si c'était déjà pris en compte, le fait d'accumuler plusieurs 90 jours de rétention n'arriverait pas et la tension serait moins forte. »

Problèmes concernant la nourriture

Et ce n'est pas le seul problème qui a déclenché ce soulèvement. Les réfugiés se plaignent notamment de malnutrition. Fadil, 21 ans, est retenu dans ce centre : « La nourriture qu'il nous amène n'est pas mangeable. À part le bout de pain parfois avec du fromage. »

Un autre retenu explique lui aussi être à bout. Ces tensions ne sont pas près de se calmer. Les retenus ont prévu de nouvelles actions pour protester contre les conditions de vie dans les jours à venir.

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