Témoignage

Attentats du 13 novembre 2015: François Hollande se souvient

L'ancien président François Hollande revient sur les attentats du 13 novembre 2015.
L'ancien président François Hollande revient sur les attentats du 13 novembre 2015. Pierre RENE-WORMS / FMM - PIERRE RENE-WORMS

Le procès des attentats du 13 novembre 2015 s'ouvre mercredi 8 septembre. L’ancien président de la République François Hollande a reçu durant l’été Valérie Gas et Romain Auzouy pour revenir sur ce terrible moment qui a marqué son quinquennat et expliquer comment il l’avait vécu de l’intérieur. 

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François Hollande reste très marqué par ces attentats. L'ancien président donne l’impression de considérer qu'il est de son devoir d’en parler pour qu'on n'oublie pas dans quelle « horreur » la France a plongé au soir du 13 novembre 2015. « C'est une horreur », ce sont d'ailleurs les mots qu'il avait prononcés quand il avait pris la parole solennellement en pleine nuit pour s’adresser aux Français. Nous l'avons bien sûr interrogé pour qu'il nous raconte ce qu'il avait ressenti en tant que chef de l'État, mais aussi en tant qu'homme :

« Je suis aussi un père de famille, un être humain, donc toutes ces familles qui cherchaient leurs proches, j'en faisais partie. Je cherchais où étaient mes enfants. Donc je devais, non pas par construction intellectuelle, mais tout simplement parce que j'étais dans les conditions de ces familles, me mettre à leur place pour comprendre ce qu'elles vivaient. »

► À écouter : Podcast: Après l’attentat (1/6): «Des sociétés terrorisées?»

« Je cherchais où étaient mes enfants »

François Hollande s'est rendu au Bataclan après l'assaut des forces de l'ordre et quand il évoque ce moment-là, on sent à quel point il a été touché par ce qu’il a vu et sa prise de conscience de l’impact sur les rescapés, du poids qui allait peser sur eux toute leur vie : « Je vois des survivants qui sont là, qui sont encore marqués par ces images, qui sortent du Bataclan après avoir vu des scènes d’une atrocité telle que non seulement ils ne les effaceront jamais, mais ils vivront avec elles presque chaque nuit. »

Les journalistes de RFI, Valérie Gas et Romain Auzouy, ont rencontré l'ancien président François Hollande.
Les journalistes de RFI, Valérie Gas et Romain Auzouy, ont rencontré l'ancien président François Hollande. Pierre RENE-WORMS / FMM - PIERRE RENE-WORMS

En tant que chef de l'État, comment estime-t-il avoir géré la situation ? François Hollande ne fait pas vraiment de bilan, mais il explique toutes les décisions qu’il a prises et sa préoccupation face à la réaction des Français. Il a senti qu’elle allait être très différente par rapport aux attentats de Charlie et de l'Hyper Casher quelques mois plus tôt, où il y avait eu union nationale.

Là, il a compris qu’il allait y avoir chez certains un sentiment de colère et que les Français allaient lui demander des comptes, notamment pour ne pas avoir su prévenir ces attentats : « Est-ce que nous avions été informés ? Est-ce que nous avions sous-estimé la menace ? Je devais répondre à ces questions. Nous savions que nous étions menacés. Nous savions que des attentats avaient été déjà déjoués et que d’autres pouvaient se produire. Comment savoir que ça allait se passer là, à cet instant, avec des terroristes venant de plusieurs pays, notamment de Belgique ? »

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« Est-ce que nous avions sous-estimé la menace ? »

Sur le plan politique, ces attentats ont ouvert une séquence très rude pour l’ancien président de la République. C’est à la fois le moment où François Hollande a peut-être le mieux incarné sa fonction de chef de l’État et celui dont il a eu le plus de mal à gérer les suites politiques. En proposant la déchéance de nationalité pour les terroristes, il cherchait l'unité nationale. En fait, il s'est mis à dos une partie de son camp politique. Il prend acte de cet échec et donne son explication : « Cette mesure, quand je l’annonce, elle fait l’objet d’un consensus. Et puis des questions se posent, un débat s’engage... Est-ce qu’il n’y a pas un risque que ce soit étendu à d’autres criminels que les terroristes, c’est-à-dire l’intention de mon prédécesseur ? Je dis non. Mais dès lors qu’il y a justement un risque que le consensus ne soit pas trouvé sur cette disposition, même si elle est approuvée par 80% des Français, dès lors qu’il n’y a pas consensus, je considère qu’il faut la retirer. »

Un procès « pour l’histoire »

François Hollande est cité comme témoin par l'association Life for Paris dans le procès des attentats du 13-Novembre. Pour lui, c'était une évidence de témoigner. François Hollande estime que c'est un procès « pour l'histoire », pour ne pas oublier et rappeler la nécessité du combat contre le terrorisme islamiste. Un combat que la situation en Afghanistan remet au cœur de l'actualité en cette rentrée.

► À suivre : toute l'actualité du procès sur RFI 

Cet entretien est diffusé en intégralité à 19h10 sur RFI, sur www.rfi.fr ainsi que sur les réseaux sociaux.

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