Retraites en France: LaREM lancera-t-elle une réforme avant l'élection?

De gauche à droite: le chef de file des députés de la majorité Christophe Castaner, le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand et le Premier ministre Jean Castex.
De gauche à droite: le chef de file des députés de la majorité Christophe Castaner, le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand et le Premier ministre Jean Castex. AFP - JEAN-FRANCOIS MONIER

Emmanuel Macron va-t-il, oui ou non, tenter de réformer les retraites avant la présidentielle d’avril prochain ? Le chef de l’État français l’a promis en juillet, mais seulement quand la situation épidémique serait sous contrôle. Une piste arrive sur la table à l'Élysée, mais elle n'emballe pas forcément au sein de la majorité.

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Avec notre envoyé spécial à Angers, Anthony Lattier

Pourquoi ne pas supprimer, avant la présidentielle, les régimes spéciaux et instaurer une pension minimale de 1 000 euros dans un premier temps, pour ensuite reporter à plus tard la réforme en profondeur du système des retraites ?

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Ce scenario n'emballe pas vraiment au sein de la majorité présidentielle, comme a pu le constater RFI à Angers, où se tiennent les journées parlementaires du parti présidentiel La République en marche.

Ce serait pourtant, aux yeux de la députée LaREM Aurore Bergé, un bon moyen de montrer que la majorité est toujours en action, « de démontrer que jusqu'à la fin du quinquennat, on peut continuer à transformer, à réformer le pays, et qu'au-delà de la crise sanitaire il y a d'autres enjeux qui préoccupent la majorité parlementaire, le président de la République et les Français. »

Une façon aussi de couper l’herbe sous le pied de la droite, disent certains. Malgré tout, le chef du gouvernement Jean Castex, qui en est issu, a jugé ce lundi 6 septembre que le moment était mal choisi. C'est aussi l’avis du secrétaire d’État aux affaires européennes, Clément Beaune.

Sur le contenu et sur le fond, il n'y a aucun doute sur le fait qu'une réforme sera nécessaire à un moment donné. Le moment donné, honnêtement, on ne peut pas le définir maintenant dans un contexte sanitaire, dans un contexte qui est encore volatile, incertain.

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Attention à ne pas réveiller les colères, met en garde le chef de file des sénateurs La République en Marche François Patriat :

Les régimes spéciaux spéciaux, c'est pas un petit bout, c'est un gros bout. Parce que ça ne concerne pas seulement la SNCF, ça concerne toutes le professions libérales, tous les indépendants qui aujourd'hui sont attachés à leur régimes. Et on a vu comment ils ont manifesté les dernieres années pour savoir que ça ne pourra pas se passer comme ça au détour d'un amendement de loi de finances.

Moins aventureux qu’Emmanuel Macron, les ténors de la majorité plaident pour repousser toute offensive sur les retraites à l’après-présidentielle.

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